Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Sylvie Barma : Université Laval
Le programme québécois propose aux enseignants d'aborder des questions liées à l'éducation relative à l'environnement. En adoptant une posture dialectique issue de la 3e génération de la théorie de l'activité, nous documentons la façon dont 2 enseignants résolvent des tensions alors qu'ils mettent en œuvre des actions de transition auprès de 164 élèves. Les deux principes épistémologiques de la stimulation duale et du mouvement ascendant de l'abstrait vers le concret nous ont permis de documenter leur résistance au changement et les actions émancipatrices alors qu'ils choisissent de traiter des changements climatiques avec leurs élèves. L'impact de ces actions est analysé sous l'angle de la zone de développement proximal de systèmes d'activité en interaction. Divers outils d'investigation ont été mis à profit : observation participante dans 4 classes, 15 entrevues semi-dirigées (enseignants et élèves), notes de chercheurs, analyses de planification des enseignants et 60 productions d'élèves. Le discours des participants a été analysé pour identifier les dilemmes, conflits, conflits critiques et doubles contraintes. À la suite de ces analyses, nous présentons les étapes de l'apprentissage expansif mis en place lors de la poursuite de l'activité partagée : remise en question de la pratique, modélisation d'une pratique interdisciplinaire ancrée dans une QSVE, impact de sa mise en œuvre sur les élèves et dans l'école.
Depuis plusieurs années, en sciences de l’éducation comme dans d’autres disciplines, on observe un intérêt grandissant pour les théories historico-socioculturelles. Parmi celles‑ci, mentionnons la théorie de l’activité, la cognition située, la clinique de l’activité et les communautés de pratique. Ces théories s’inscrivent dans la foulée des travaux de Vygotski, mais tirent également leurs sources des théories du langage, de l’interactionnisme symbolique et du pragmatisme. Elles s’appuient toutes sur l’idée selon laquelle les individus apprennent et se développent par la médiation sociale et par l’utilisation et la transformation des artefacts issus de la culture à laquelle ils appartiennent. Dans cette perspective, l’étude de l’activité, de l’apprentissage et du développement ne peut être pensée en dehors d’un contexte donné et de sa dimension culturelle. Ce colloque entend examiner des propositions qui sont explicitement en lien avec les théories historico-socioculturelles, que ce soit du point de vue épistémologique, théorique ou méthodologique. Tous ensemble, nous chercherons à mieux cerner l’apport de ces théories à la compréhension et à l’intervention en lien avec l’apprentissage en contexte scolaire, mais aussi dans d’autres contextes d’apprentissage formels ou informels, par exemple, les environnements d’apprentissage numériques et hybrides, les milieux de travail ainsi que les musées. L’utilisation de ces théories amène plusieurs défis : délimitation de l’objet de recherche et de l’unité d’analyse, établissement d’un réseau d’acteurs impliqués, conciliation entre la complexité des contextes d’intervention et des impératifs de systématicité de la recherche, définitions et natures possibles de la médiation, notions de tensions et de contradictions, etc. Ce colloque se veut une occasion de favoriser le croisement de perspectives de recherche et d’enrichir la réflexion autour des théories historico-socioculturelles.
Thème du colloque :