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Morgane Le Meur : Université Rennes 2
La littérature et la musique sont deux arts distincts mais qui ont un matériau en commun: la voix. Une voix propre à chaque auteur, qui serait le point de départ pour le travail avec les élèves. Tout au long de l'histoire, ces deux arts n'ont cessé d'être liés. Plusieurs écrivains se sont essayés à la musique et des musiciens/chanteurs ont écrit des œuvres appartenant désormais au patrimoine littéraire. La littérature a bien du mal à plaire aux élèves sans cesse en quête d'activités faciles et ludiques. A contrario, la musique est un média très à la mode chez eux. A la fois parce qu'une écoute demande moins d'effort qu'une lecture mais aussi parce qu'il est beaucoup plus facile d'échanger des titres que d'échanger des romans. L'ensemble des technologies actuelles favorisent ce type d'échanges. Nous pourrions donc développer une approche où la musique aiderait les élèves à construire différentes compétences de lecteur ? Pour construire cette expérience, nous nous appuierons sur l'adaptation du roman Black Bazar d'Alain Mabanckou, en disque. Ce travail consiste à lire et étudier la voix de la musique (mélodie et texte) et à la comparer à la lecture d'extraits du roman. Les élèves seront amenés à prêter une attention particulière au texte entendu puis à s'inscrire dans une démarche d'analyse quant à la lecture des textes (les chansons et les extraits de roman). Enfin, nous essaierons de comprendre comment cette double lecture enrichit les sensibilités littéraire et musicale.
L'expansion prodigieuse de la communication médiatique contemporaine, qui mobilise en simultanée plusieurs modes, langages et médias à partir de supports variés, a donné naissance à une véritable culture multimodale qui bouleverse la pédagogie « classique » (Buckingham, 2003; Gray et al., 2010). Donnat (1998) parle d’hybridation de la culture cultivée, c’est-à-dire de sa mutation au contact de la « culture des écrans ». Ainsi, les médias de masse, a fortiori ceux dits numériques, sont devenus une source incontournable par laquelle les jeunes se renseignent sur leur univers, développent des attitudes, des représentations et des croyances, et se forgent une identité (Chung 2007). Un bon lecteur contemporain doit ainsi posséder les clés de plusieurs modes sémiotiques s’exprimant sur des supports toujours plus originaux, interactifs, diversifiés et, conséquemment, complexes (Stafford, 2011). Dans ce contexte, l’éducation des jeunes à la lecture et la production de textes littéraires sur des supports variés semble s’imposer dans une perspective manifeste de reconfiguration des pratiques d’enseignement de la littérature. Déjà, en France, l'étude conjointe du roman et du film est recommandée au collège afin de comparer les modes d'expression respectifs de ces deux formes artistiques. La Belgique prévoit aussi dans ses programmes la comparaison de romans à leur adaptation en bande dessinée ou au cinéma, de manière à découvrir les spécificités de chaque système narratif. Au Québec, dans le programme de français du secondaire, le film est abordé, à l’instar de la bande dessinée, comme une œuvre complémentaire au texte littéraire qui permet de se constituer des repères culturels.
L’un des principaux enjeux de ce colloque vise à définir et à consolider, dans une perspective didactique, les spécificités et les objectifs de la rencontre désormais inévitable entre la littérature et les pratiques culturelles des élèves autour d’œuvres multimodales.
Titre du colloque :