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Guillaume Tremblay-Boily : INRS - UCS - Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société
Un des objectifs du programme Québec sans frontières, qui permet à des jeunes d'effectuer des stages d'initiation à la solidarité internationale dans des pays du Sud, est de « favoriser l'engagement du plus grand nombre de jeunes Québécois et Québécoises dans leur milieu de vie, en tant que citoyens et citoyennes du monde » (AQOCI 2011). Les jeunes qui participent à de tels stages font généralement déjà partie de la catégorie des « jeunes engagé(e)s », mais des études quantitatives (SAI 2004, Bélisle 2005) démontrent qu'ils le sont encore plus à leur retour.
À partir d'entretiens réalisés auprès d'une dizaine de jeunes ayant effectué un stage Québec sans frontières il y a au moins un an, il s'agira ici de se pencher sur la forme que prend cet engagement et sur la façon dont celui-ci s'articule avec la conception de la citoyenneté exprimée par les répondant(e)s. La participation à un stage d'initiation à la solidarité internationale amène-t-elle les jeunes stagiaires à se définir davantage comme citoyens et citoyennes du monde? Si oui, que signifie cette nouvelle définition de soi et comment se manifeste-t-elle dans leur manière de s'engager, tant dans leur quotidien qu'à l'intérieur de structures formelles?
Le colloque vise à interroger le discours public selon lequel les jeunes aujourd'hui seraient désengagés, discours qui persiste en dépit de l’ampleur croissante des mobilisations citoyennes des jeunes. La jeunesse aujourd'hui est-elle réellement individualiste et apathique ou bien est-ce que nos conceptualisations ne permettent tout simplement pas de rendre compte adéquatement des nouvelles modalités de l'engagement chez les jeunes? Le colloque servira à revoir la notion d'engagement, à partir de divers champs d'expertise et terrains empiriques (engagement citoyen, engagement dans les études, engagement dans le travail, engagement familial, parental et conjugal, etc.). Loin de se limiter au champ politique, les spécialistes réunis lors du colloque travaillent sur diverses sphères d'action de la jeunesse, ce qui permettra de repenser collectivement le concept même d’engagement. À travers les diverses communications, nous tenterons donc de repérer ce qui est commun à l’engagement sous toutes ses formes, dans les différentes sphères de la vie des jeunes (famille, études, travail, communauté, etc.). Une telle approche nous permettra de dégager les principaux ressorts de l’engagement chez les jeunes aujourd’hui, de faire émerger les représentations et les pratiques d’engagement dans diverses sphères d’activité et de cerner leurs nouvelles configurations et modalités, incluant les variétés de formes selon les milieux d’interaction. Plus largement, le colloque permettra de réfléchir aux conditions menant à l’actualisation de l’engagement et à d’éventuels empêchements contextuels. Cette approche nous paraît féconde afin de bonifier les sources de réflexion des décideurs publics, mettant à profit une lecture polysémique de l’engagement. En somme, le colloque vise à revoir la notion d’engagement à partir d’approches sociologiques qui mettent en relation les divers aspects de l’expérience de vie des jeunes et le contexte d’incertitude du 21e siècle.