pen icon Colloque
quote

« Adamu et Mamadou se débrouillent » : survivre grâce au hip-hop ou la tactique de la stratégie dans l'industrie du hip-hop à Québec

MA

Membre a labase

Marie Therese Atsena Abogo : Université Laval

Résumé de la communication

Au Québec, la musique hip-hop est loin de constituer pour tous ses artistes une source de revenu stable, et de se faire une place signifiante dans l'industrie conventionnelle du disque et du spectacle (Leblanc et als, 2007). J'explore spécifiquement le processus d'industrialisation de la musique hip-hop à travers une ethnographie de la production et de la réception de la culture hip-hop réalisée entre 2011 et 2012 dans les deux communautés de Limoilou et de Montcalm à Québec. A partir de données ethnographiques, en l'occurrence d'entrevues semi-dirigées, d'expériences vécues, et de sources écrites (textes de rap), cette communication convoque à charge différents moments de la production de biens culturels dans le hip-hop (vidéoclip, disque compact, bande sonore mp3, vêtements). Je mets l'accent sur deux entrepreneurs africains, l'un d'origine congolaise et l'autre Ivoirien, vivant dans la ville de Québec, pour rendre compte de l'interaction de la race, du lieu d'origine, du sexe, et du « positionnement économique » dans la production des rapports de pouvoir dans l'industrie. Je tente d'utiliser le modèle de Stuart Hall de « codage-décodage » (1980) pour faire sens du travail quotidien dans la production, la promotion et la réception du hip hop dans la ville de Québec, ainsi que des stratégies développées par les deux entrepreneurs pour se positionner et créer un revenu.

Résumé du colloque

Au Québec, les manifestations étudiantes contre la hausse des droits de scolarité et le « printemps érable » qui a suivi ont marqué l’année 2012. Sur le continent africain, cette année a également été celle de la protestation des jeunes Maliens contre l’occupation du nord de leur pays et du lancement par des « jeunes patriotes » d’une tournée pour la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire. Bien que se déployant dans des contextes fort différents, ces mouvements ont tous été catalysés par des jeunes. C’est ainsi qu’ils sont d’ailleurs décrits par les médias et l’opinion. Le colloque proposé porte sur la thématique de la « jeunesse », objet d’étude très sollicité dans les sciences sociales et surtout très actuel. Il focalisera son attention sur la région du monde ayant la population la plus jeune. Pour atteindre notre objectif théorique de pluridisciplinarité, le colloque couvrira trois axes.

Le premier axe, qui traitera de jeunesse et politique en Afrique, permettra de questionner comment cette jeunesse, que les structures politiques n’ont de cesse de vouloir encadrer, est de plus en plus « crainte et convoitée », en raison de leur poids démographique mais aussi parce que leurs comportements sont à la mesure de leurs frustrations. Il s’agira ensuite, dans le deuxième axe relatif à jeunesse et culture populaire, d’analyser comment les domaines de production tels que la musique, l’humour corrosif, et les nouvelles technologies de la communication se sont graduellement imposées comme un espace privilégié d’expression des jeunes. Prolongement des études, transition difficile sur le marché du travail et mise en couple retardés : les changements survenus dans le calendrier et les modalités d’entrée en vie adulte seront abordés dans le troisième axe du colloque. On s’intéressera ici aux nouvelles trajectoires et stratégies scolaires, professionnelles et familiales des jeunes et aux rapports sociaux (générationnels, de classe, de genre) qu’elles font émerger.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 7 mai 2013

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :