Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Yannick Brun-Picard : Collège Jacques Prévert Les Arcs
Dans un contexte formel d'apprentissage scolaire nous nous attachons à la notion de décrochage en classe. Nous supposons que ce phénomène est pour sa majeure partie dû à des structurations historico-socioculturelles qui constituent une zone proximale où l'élève apprend à ne pas apprendre. Quelles sont les articulations visibles et accessibles de la production de cette interface socioculturelle de la réalisation du décrochage en classe en corrélation avec les développements de Vygotski ? Le développement de stratégies de décrochages en classe est une forme de construction d'attitudes de références en contexte d'apprentissage pour laquelle l'élève produit des dynamiques perceptibles par l'enseignant. Après avoir précisé les cadres définitoires, nous exposons la méthodologie employée pour laquelle nous avons établi une grille d'évaluation des comportements des élèves. En situation d'observation intégrée au sein de classes de primaire et de collège nous avons relevé les similitudes, les modes d'expression et les emprises à même de structurer une interface de rejet des apprentissages. Ensuite, nous avons corrélé les résultats scolaires aux attitudes afin de vérifier la situation de décrochage en classe pour lequel des caractéristiques sont exposées par l'intermédiaire de carrés sémiotiques. Au final nous démontrons que les élèves apprennent à ne pas apprendre les savoirs scolaires par une reproduction sociétale qui les conduit vers le décrochage en classe.
Depuis plusieurs années, en sciences de l’éducation comme dans d’autres disciplines, on observe un intérêt grandissant pour les théories historico-socioculturelles. Parmi celles‑ci, mentionnons la théorie de l’activité, la cognition située, la clinique de l’activité et les communautés de pratique. Ces théories s’inscrivent dans la foulée des travaux de Vygotski, mais tirent également leurs sources des théories du langage, de l’interactionnisme symbolique et du pragmatisme. Elles s’appuient toutes sur l’idée selon laquelle les individus apprennent et se développent par la médiation sociale et par l’utilisation et la transformation des artefacts issus de la culture à laquelle ils appartiennent. Dans cette perspective, l’étude de l’activité, de l’apprentissage et du développement ne peut être pensée en dehors d’un contexte donné et de sa dimension culturelle. Ce colloque entend examiner des propositions qui sont explicitement en lien avec les théories historico-socioculturelles, que ce soit du point de vue épistémologique, théorique ou méthodologique. Tous ensemble, nous chercherons à mieux cerner l’apport de ces théories à la compréhension et à l’intervention en lien avec l’apprentissage en contexte scolaire, mais aussi dans d’autres contextes d’apprentissage formels ou informels, par exemple, les environnements d’apprentissage numériques et hybrides, les milieux de travail ainsi que les musées. L’utilisation de ces théories amène plusieurs défis : délimitation de l’objet de recherche et de l’unité d’analyse, établissement d’un réseau d’acteurs impliqués, conciliation entre la complexité des contextes d’intervention et des impératifs de systématicité de la recherche, définitions et natures possibles de la médiation, notions de tensions et de contradictions, etc. Ce colloque se veut une occasion de favoriser le croisement de perspectives de recherche et d’enrichir la réflexion autour des théories historico-socioculturelles.