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Marie Saint-Arnaud : UQAM - Université du Québec à Montréal
En deuxième partie de cette conférence, nous utiliserons l'exemple de la certification de la Forêt Montmorency, pour mieux comprendre comment les exigences du Principe 3 de FSC permettent de tenir compte des droits, des intérêts et des valeurs autochtones. En effet, cette forêt d'enseignement et de recherche administrée par l'Université Laval est située sur une partie du territoire ancestral des Hurons-Wendat et des Innus de Mashteuiatsh et de Essipit. Les défis qui découlent du transfert des certificats dans le contexte du nouveau régime forestier et de l'application des nouveaux principes et critères de FSC seront discutés. L'identification des communautés concernées, le consentement préalable, libre et éclairé, la cartographie des sites d'intérêt autochtone, le développement économique des Premières nations, la sphère d'influence et l'imputabilité des différents acteurs dans l'aménagement forestier seront abordés sous l'angle des changements normatifs, législatifs et politiques.
L'étude de la participation des Premières nations dans le secteur forestier canadien a connue des avancées considérables au cours de la dernière décennie. Un nombre important de publications documentent maintenant la diversité des formes que peut prendre cette participation. Elles documentent les défis et les opportunités qui lui sont associés, de même que plusieurs dynamiques sociales observées au sein même des processus par lesquels les communautés autochtones entrent dans une collaboration négociée avec d'autres acteurs du milieu forestier. Cette masse critique d'études de cas étant atteinte, de nouvelles possibilités d'études comparatives s'ouvrent maintenant aux chercheurs. Les processus de participation des Premières nations dans la gestion des forêts n'existent pas indépendamment les uns des autres. Les transferts des connaissances et des expériences entre les Premières nations, la rétroaction entre les mises en œuvre concrètes de processus participatifs et les cadres légaux et institutionnels dans lesquels ils existent, de même que le cumul des expériences positives et négatives font en sorte qu’il est impératif de penser les processus dans leurs interrelations et dans le temps. Les participants au présent colloque s’intéresseront à mieux comprendre ces articulations à partir de matériaux empiriques détaillant l’évolution des formes de participation pour une communauté ou une nation donnée, ou encore en traitant des rapports qui existent entre divers processus contemporains dans lesquels cette communauté ou cette nation est impliquée. Il sera, en outre, question des processus consultatifs, de la cogestion, de la certification forestière, de l’entrepreneuriat autochtone dans le secteur forestier et des processus juridiques de revendication et d’affirmation des droits des Premières nations en matière de gouvernance territoriale.