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Omer Chouinard : Université de Moncton
La communication porte sur une démarche d'adaptation avec des collectivités locales du littoral acadien du NB. Depuis 2005, quatre collectivités locales du littoral acadien ont fait appel à l'Université de Moncton et l'ARUC-DCC pour les accompagner dans l'adaptation aux risques d'érosion et d'inondation provoqués par les changements climatiques. Il s'agit d'un processus de recherche partenarial. L'approche consiste à négocier la démarche à suivre, soit : les options envisagées quant à la vulnérabilité aux changements climatiques suite à des rencontres d'experts et des entrevues de résidants locaux, les questions abordées sur les risques reliés à ces changements, la définition des risques et la délibération sur la priorisation des actions puis l'élaboration d'un plan préliminaire d'adaptation. La méthodologie d'accompagnement adoptée pour la coconstruction fût essentiellement qualitative et a privilégié l'entretien semi-directif et le groupe de discussion. Les plans préliminaires ont eu des résultats sur des actions de négociations avec la province du NB pour la réalisation d'activités visant à réduire la vulnérabilité par des règlements ou de repenser les formes de gouvernements locaux. Suite à ces expériences auprès de ces collectivités, des demandes de la part des Commissions d'aménagement du territoire du NB ont été faites pour apprendre mutuellement sur les démarches empruntées en vue d'élaborer des règlements ou politiques appropriées pour leurs collectivités respectives.
Les concepts de vulnérabilité et de résilience des communautés, ainsi que les questions d’intégration des échelles de gestion des zones côtières et riveraines dans le cadre des changements climatiques, requièrent des analyses complexes, au niveau social, politique, et écologique. Les approches traitant de ces aspects et leurs interprétations sont généralement complexes, ce qui limite leur capacité à passer à l’action et opérationaliser les recommandations. Les acteurs des communautés et des organisations sociales demeurent perplexes à savoir si tout cela reste utile. La complexité de ces approches, et des défis qu’elles cherchent à relever, limite le processus de transformation de celles-ci vers une adaptation durable d’une part, et vers une véritable intégration des enjeux territoriaux terre/mer d’autre part. Ici, nous débattrons des aspects cruciaux de l’adaptation pour un développement territorial durable et tenant compte de l’interdépendance des bassins versants et des zones côtières, tant d’un point de vue conceptuel, méthodologique, qu’empirique. Les acteurs locaux sont pris entre deux réalités. Dans le court terme, le besoin de réagir dans l’immédiat mène à des décisions qui peuvent empiéter sur la capacité future des populations à faire face aux effets des changements climatiques. Les actions prises à court terme pour répondre aux besoins criants des élus et des citoyens, qui voient l’adaptation sous l’angle de la protection (enrochement ou mur), peuvent aussi restreindre des usages par les acteurs d’aujourd’hui (non enrochement ou retrait). Dans le long terme, les problèmes pourraient même s'aggraver, si dans une perspective intégrée des composantes socioécologiques, les conditions socioécologiques atteignaient un seuil de non-retour. Devant cette situation, nous devons comprendre les facteurs qui façonnent la construction des représentations sociales des acteurs (communauté, gestionnaires, élus, etc.), découvrir les facteurs socioécologiques et politiques qui influencent les capacités d’apprentissage, d’innovation et de transformation, ainsi que développer des approches intégrées. L’intégration de ces enjeux permettra de faire face à des situations extrêmes dans lesquels l’incertitude, les changements d’état des ressources et les transformations rapides des écosystèmes et des politiques sont fréquents, et ce, dans un savoir transférable aux communautés et aux acteurs concernés.
Thème du colloque :