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Lopes Pinheiro Clemilton : Universidade Federal do Rio Grande do Norte
Ce travail propose une analyse linguistique de roman Leite Derramado de l'écrivain brésilien Chico Buarque, traduit aux éditions Gallimard sous le titre Le Jour où je sortirai d'ici. L'objectif est d'analyser la fonction des choix lexicaux en tant que stratégie de construction et reconstruction d'objets de discours en comparant les positions énonciatives et les réajustes mutuels de la signification du texte. La notion théorique d'objet de discours s'assimile au cadre de la linguistique textuelle et est comprise comme étant une création qui se reconfigure aussi bien par les pistes que par les structures syntaxico-sémantiques, et les contenus lexicaux fournissent d'autres données de débordement sociodiscursif et culturel mobilisées par les participants de l'énonciation. Nous avons réalisé l'étude de tous les termes lexicaux qui introduisent et reprennent quelques-uns des principaux objets de discours du texte : « le narrateur-protagoniste », « la fille », « l'épouse », « la mère », « l'infirmière », « la famille ». Avec l'analyse qualitative de cette étude nous avons montré comment les choix lexicaux qui catégorisent et recatégorisent les objets de discours indiquent les diverses perspectives énonciatives assumées dans le roman. Cette analyse de la fonction textuelle énonciative du lexique spécifiquement dans le roman Leite Derramado prétend, donc, contribuer aussi bien aux études du lexique qu'aux études sur la création littéraire.
Dès leur mise en circulation, mots et termes sont sujets à la variation. Celle-ci peut s’articuler dans le temps. « Les mots s’empruntent, s’oublient, se perdent, se renouvellent », écrit si bien Arsène Darmesteter en 1889 dans La vie des mots. La variation lexicale peut aussi s’articuler dans l’espace, ce qu’illustrent notamment les travaux de Claude Poirier sur le français québécois et d’André Thibault sur les français des Antilles. D’autres mouvements lexicaux, telles la terminologisation et la déterminologisation (mouvements décrits et nommés par Ingrid Meyer), sont moins connus. La terminologisation correspond au passage dans la langue générale d’unités lexicales spécialisées; la déterminologisation correspond au phénomène inverse, lorsque des unités lexicales connues de tous migrent vers le discours spécialisé. La description généralement adoptée du lexique en fonction de domaines de spécialité cloisonnés ne permet pas de décrire et de saisir adéquatement le passage des unités lexicales d’une sphère de connaissances à une autre. Si les linguistes qui oeuvrent en lexicologie s’intéressent depuis longtemps à la variation sous ses diverses formes, il en va autrement de ceux qui oeuvrent en terminologie. La variation terminologique est un phénomène qui n’est décrit que depuis la fin des années 1990, à la suite de travaux plus étroitement liés à la linguistique de corpus et à l’informatique. L’étude théorique de la variation, bien qu’intéressante, doit pouvoir déboucher sur des approches méthodologiques visant la prise en charge lexicographique et terminographique des divers types de variation dans les dictionnaires et les bases de données lexicales. Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, etc., contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.
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