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Comprendre la conception de l'ordre du monde dans la pensée grecque à l'époque archaïque : quelle pertinence aujourd'hui?

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Vincent Du Sablon : Université Laval

Résumé de la communication

Il n'est pas aisé de définir la façon dont les Grecs pensaient l'ordre du monde : pour eux, celui-ci relevait surtout du domaine des sentiments, du vécu et de l'expérience qu'ils avaient de leur univers. La pluralité des réalités recoupées par la notion d'ordre dans la pensée grecque rend son approche difficile pour les Modernes, qu'elles soient liées au monde de la nature, de la divinité ou encore à divers types d'activités humaines, allant du domaine cultuel au domaine politique, en passant par celui des relations interpersonnelles. L'étude de plusieurs notions complémentaires dans la littérature archaïque indique que le système conceptuel grec de l'ordre empruntait aux registres de la justice, de la portion et de l'honneur, et qu'il reposait sur la timè, la « valeur sociale » relative reconnue à chaque membre d'une communauté, humaine et divine. Transposée dans le domaine politique, cette conception a en outre contribué à faire de la cité archaïque le vecteur par lequel les Grecs assurèrent l'insertion dans le cosmos des possesseurs de la timè de citoyen. En ce début de xxie siècle imprégné d'une compréhension scientifique de l'univers, où l'omniprésence des technologies isole parfois les individus plus qu'elle ne les rassemble, comprendre la conception particulière du monde dans la littérature grecque archaïque permet de mettre au jour un système original de pensée où insertion politique et sociale était gage de présence au monde et contribuait à assurer l'ordre cosmique.

Résumé du colloque

La question de la pertinence des études anciennes au Québec s’impose par un double éloignement, à la fois temporel et spatial, de leur objet de recherche. Que ce soit par l’archéologie, la littérature, la philosophie, l’histoire, ou encore les sciences des religions, les études anciennes posent un regard critique vers un passé lointain. L’attitude des étudiants et des chercheurs peut être perçue comme étant passéiste, voire comme une négation des impératifs du présent. Est-ce véritablement le cas? La présente table ronde se propose de regrouper divers intervenants issus du milieu de l’enseignement et de la recherche en études anciennes, afin d’aborder cette problématique de front. La question de la pertinence de cette discipline sera abordée suivant deux axes : l’utilité de l’enseignement et celle de la recherche. Au 20e siècle, l’histoire intellectuelle du Québec fut en grande partie marquée par les enseignements du cours classique, qui laissait une large place aux œuvres gréco-latines. Quelle place occupe et occupera cette culture dans l’enseignement au 21e siècle? Puisque ces civilisations ne sont plus autant enseignées au secondaire, l’université est désormais l’institution qui assure leur rayonnement. Dans une société où la culture classique perd sa valeur de référentiel commun, est-il toujours nécessaire de l’enseigner? La place actuelle de la recherche sera également débattue. Au cours des dernières décennies, une tendance s’est dessinée dans la recherche universitaire qui privilégie les sciences appliquées aux dépens des autres disciplines. Cette mentalité, jumelée à l’apparent éloignement spatio-temporel des études anciennes, contribue à leur marginalisation. C’est pourquoi il est important de réfléchir en public aux enjeux rencontrés par cette discipline. Cette table ronde sera donc l’occasion pour les professeurs et les étudiants gradués de dialoguer sur les résonances modernes de leurs travaux de recherche.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 7 mai 2013

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