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Vivien Meli Meli : Université de Dschang
L'objet de cette communication est la compréhension de l'engagement social associatif des jeunes (Olivier Galland, 1991), en matière de lutte contre le VIH/SIDA. Au Cameroun, la génération des moins de 30 ans n'a jamais connu un monde sans SIDA. Dans les programmes de lutte contre le vih/sida les jeunes sont considérés comme des cibles agies1 -se situant en harmonie des représentations classiques de la jeunesse dépendante et dépourvue- et non des acteurs agissants. Seulement, les jeunes, en milieux scolaires et en dehors s'organisent et agissent en association pour contribuer à infléchir la courbe de la crise du VIH/SIDA aussi bien dans leur espaces sociaux de vie qu'en dehors. La question qui guide nos réflexions, est celle-ci : comment les jeunes parviennent-ils à assumer leur engagement associatif nonobstant leur statut social -dit- de vulnérables, de dépendant et de dépourvus ? La réponse provisoire/hypothèse que nous énonçons est que les associations constituent une opportunité pour les jeunes et à travers elles, ils s'approprient stratégiquement les ressources diverses que leur environnement social et qu'ils investissent aussi pour la lutte contre le VIH/SIDA. Cette stratégie est celle que nous avons nommée le « greffage social ». Le matériau nécessaire aux analyses proviendra de collectes de données qualitatives auprès des associations de jeunes de lutte contre le vih/sida.
Le colloque vise à interroger le discours public selon lequel les jeunes aujourd'hui seraient désengagés, discours qui persiste en dépit de l’ampleur croissante des mobilisations citoyennes des jeunes. La jeunesse aujourd'hui est-elle réellement individualiste et apathique ou bien est-ce que nos conceptualisations ne permettent tout simplement pas de rendre compte adéquatement des nouvelles modalités de l'engagement chez les jeunes? Le colloque servira à revoir la notion d'engagement, à partir de divers champs d'expertise et terrains empiriques (engagement citoyen, engagement dans les études, engagement dans le travail, engagement familial, parental et conjugal, etc.). Loin de se limiter au champ politique, les spécialistes réunis lors du colloque travaillent sur diverses sphères d'action de la jeunesse, ce qui permettra de repenser collectivement le concept même d’engagement. À travers les diverses communications, nous tenterons donc de repérer ce qui est commun à l’engagement sous toutes ses formes, dans les différentes sphères de la vie des jeunes (famille, études, travail, communauté, etc.). Une telle approche nous permettra de dégager les principaux ressorts de l’engagement chez les jeunes aujourd’hui, de faire émerger les représentations et les pratiques d’engagement dans diverses sphères d’activité et de cerner leurs nouvelles configurations et modalités, incluant les variétés de formes selon les milieux d’interaction. Plus largement, le colloque permettra de réfléchir aux conditions menant à l’actualisation de l’engagement et à d’éventuels empêchements contextuels. Cette approche nous paraît féconde afin de bonifier les sources de réflexion des décideurs publics, mettant à profit une lecture polysémique de l’engagement. En somme, le colloque vise à revoir la notion d’engagement à partir d’approches sociologiques qui mettent en relation les divers aspects de l’expérience de vie des jeunes et le contexte d’incertitude du 21e siècle.