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De Platon à Copernic, de Ptolémée à nous : quel est notre rapport à la notion de vérité scientifique?

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Emilie-Jade Poliquin : Université Laval

Résumé de la communication

Bien comprendre les textes scientifiques antiques est un exercice beaucoup plus périlleux qu'il peut paraître au premier abord. Il est en effet aisé de tomber dans une comparaison superficielle, opposant nos connaissances modernes à celles véhiculées dans les ouvrages anciens. Au cours de cet exercice peuvent survenir de nombreux écueils : alors que certains succombent à des jugements trop négatifs en rappelant uniquement les échecs du passé, d'autres détournent plutôt les textes pour n'y voir qu'une anticipation de la science moderne. En fait, ce n'est que par une connaissance approfondie du contexte que l'on peut apprécier à sa juste valeur une production scientifique, quels qu'en soient l'époque et le lieu d'origine.

Mais la comparaison entre savoir ancien et moderne n'est pas pour autant une activité stérile. Par exemple, l'étude du contexte de production des œuvres de notre corpus de thèse ‒ à savoir les textes astronomiques latins datant du Ier siècle avant J.‑C. au Ve siècle de notre ère ‒ nous a permis de réfléchir sur la place accordée à la science dans notre propre société. En citant comme modèles les théories astronomiques de Platon, d'Aristote, de Ptolémée, de Copernic et de Képler, nous questionnerons dans le cadre de ce colloque notre rapport habituel à la vérité scientifique.

Résumé du colloque

La question de la pertinence des études anciennes au Québec s’impose par un double éloignement, à la fois temporel et spatial, de leur objet de recherche. Que ce soit par l’archéologie, la littérature, la philosophie, l’histoire, ou encore les sciences des religions, les études anciennes posent un regard critique vers un passé lointain. L’attitude des étudiants et des chercheurs peut être perçue comme étant passéiste, voire comme une négation des impératifs du présent. Est-ce véritablement le cas? La présente table ronde se propose de regrouper divers intervenants issus du milieu de l’enseignement et de la recherche en études anciennes, afin d’aborder cette problématique de front. La question de la pertinence de cette discipline sera abordée suivant deux axes : l’utilité de l’enseignement et celle de la recherche. Au 20e siècle, l’histoire intellectuelle du Québec fut en grande partie marquée par les enseignements du cours classique, qui laissait une large place aux œuvres gréco-latines. Quelle place occupe et occupera cette culture dans l’enseignement au 21e siècle? Puisque ces civilisations ne sont plus autant enseignées au secondaire, l’université est désormais l’institution qui assure leur rayonnement. Dans une société où la culture classique perd sa valeur de référentiel commun, est-il toujours nécessaire de l’enseigner? La place actuelle de la recherche sera également débattue. Au cours des dernières décennies, une tendance s’est dessinée dans la recherche universitaire qui privilégie les sciences appliquées aux dépens des autres disciplines. Cette mentalité, jumelée à l’apparent éloignement spatio-temporel des études anciennes, contribue à leur marginalisation. C’est pourquoi il est important de réfléchir en public aux enjeux rencontrés par cette discipline. Cette table ronde sera donc l’occasion pour les professeurs et les étudiants gradués de dialoguer sur les résonances modernes de leurs travaux de recherche.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 7 mai 2013

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