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Ons Barnat : Université d'Ottawa
Connus dans la littérature anthropologique sous le nom générique de « Black Caribs », les Garifunas sont les descendants actuels du métissage entre des esclaves Marrons et des Indiens Caraïbes, contacts initiés dès le début du XVIe siècle, sur l'île de Saint-Vincent. De cette rencontre fortuite, puis des migrations forcées, jusqu'au début du XIXe siècle, est née une culture syncrétique, puisant dans un héritage tant africain qu'amérindien.
Ces deux influences se trouvent aujourd'hui clairement mêlées dans la musique garifuna « traditionnelle », où des polyrythmies africaines se superposent à des chants exécutés suivant une esthétique caractéristique des voix amérindiennes (Penedo & D'Amico, 2000, Vincensini, 2006). Quels seraient donc les marqueurs expressifs décelables dans l'exécution vocale des chants « traditionnels » garifunas, et comment ces mêmes marqueurs se trouvent-ils aujourd'hui traités (ou non) dans le cadre spécifique au studio d'enregistrement en Amérique centrale ?
À partir d'exemples de chants enregistrés en contexte villageois, puis en studio, cette communication visera à mettre en évidence comment les acteurs impliqués localement dans le phénomène de l'enregistrement en studio, à des fins commerciales, de genres musicaux « traditionnels », se servent de la technologie mise à leur disposition pour « transformer » en marqueurs identitaires certains des traits expressifs qui semblent caractériser les voix garifunas.
Le cri et le chant constituent les extrêmes d’un continuum sonore qui, dans ses innombrables déclinaisons, donne voie à l’expressivité humaine. Les degrés progressifs de la formalisation entre cri et chant ne correspondent pas forcément à des niveaux plus ou moins complexes de signification, ni à une forme plus ou moins accomplie d’Art. Entre une expression instinctive comme le cri et un acte linguistique (un énoncé), on retrouve une volonté commune de véhiculer un message à travers la voix.
Le champ d’action de la voix est vaste et toute manifestation (cri, rire, soupir, prosodie, contour mélodique, chant) contribue à alimenter des échanges sociaux, affectifs, sexuels, au sein d’une communauté. Il y a pour autant diverses raisons à faire de la voix l’objet privilégié d’une réflexion plurielle. Les études de cas proposées lors de ce colloque ont pour but d’analyser les formes primordiales d’expressivité vocale (appelées par Lacasse « modificateurs ») dont les professionnels de la voix, notamment les chanteurs, se servent lors de leurs productions artistiques pour véhiculer des émotions. Ce colloque souhaite amener une réflexion polyphonique sur un sujet d’étude qui implique des approches et des modalités différentes pour travailler avec et sur la voix. Le but est de créer un dialogue interdisciplinaire entre des modèles analytiques issus de la psycho-acoustique et des perspectives socio-anthropologiques, qui viennent enrichir la réflexion sur la phénoménologie du corps vocal, sur sa perception et sur la conception de son espace de diffusion.
Thème du colloque :