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Rayna Stamboliyska : Université Paris Cité
Un véritable changement de paradigme s'opère depuis un certain temps depuis que de nouvelles façons de faire de la science apparaissent. Ainsi, non seulement la production mais aussi la dissémination de la connaissance ont subi un profond changement. Un changement crucial de ces façons de faire est la science citoyenne, qui développe le processus de faire de la recherche avec des non-scientifiques, et le laboratoire – situé dans l'espace extérieur. Ce concept puissant a eu un véritable succès et permet d'obtenir la participation du public à travers des centaines de projets à travers le monde. Mais la science citoyenne est également confrontée à de nombreux défis étant donné que nombre de ces initiatives proviennent de citoyens et n'ont pas de structure formelle. Le cas de la DIYbio (biologie do-it-yourself ou « faites- le vous-même », connue encore comme « biologie de garage ») est assez révélateur car il illustre bien les difficultés économique et juridique auxquelles la science citoyenne fait face.?
La science ouverte (open science) recouvre au moins quatre grands aspects de la pratique scientifique : 1. l'accès libre pour tous les internautes à toutes les publications scientifiques arbitrées par les pairs (le libre accès), 2. le partage en ligne des données de recherche (la science en ligne), 3. la science collaborative (ou citoyenne) qui inclut des chercheurs non professionnels dans les projets de recherche et, 4. la science 2.0 qui regroupe les réseaux sociaux et blogs où s'expriment de plus en plus les chercheurs, y compris pour présenter et mettre en débat leurs hypothèses. L'existence même de ces nouvelles pratiques est une révolution par rapport aux pratiques conventionnelles de la science : articles publiés dans des revues payantes, données protégées ou secrètes, exclusion des non-pairs, confinement à la parole scientifique institutionnelle (dans les revues ou les livres). Selon les pays, les universités et les disciplines, cette révolution s'effectue à des vitesses différentes. Où en sont les chercheurs et les universités francophones?
Afin d'éclairer les chercheurs et les administrateurs universitaires sur les avantages et les conséquences des différentes pratiques de la science ouverte, ce colloque rassemble des spécialistes de différents pays qui feront un état des lieux et des débats sur trois de ces thèmes. Cet état des lieux permettra aussi de débattre de la façon dont ces pratiques devraient être considérées dans les programmes de recherche et de formation des universités québécoises et dans la future politique nationale de recherche et d'innovation du Québec. Une table ronde sur les dépôts institutionnels en accès libre rassemblera d'ailleurs des représentants de la plupart des universités québécoises.
Ce colloque sera aussi l'occasion de présenter une nouvelle revue, Sciences, éthique et sociétés, et de tenir l'assemblée générale annuelle de l'Association science et bien commun.
Titre du colloque :