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Entre stratégies et géogouvernance à multi-échelles : comment optimiser les projets de nature en ville?

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Sebastien Passel : Université Nice Sophia Antipolis

Résumé de la communication

En France, la thématique de la nature en ville présente un intérêt croissant chez le public comme chez le politique. Notre proposition s'inscrit dans le cadre d'une réflexion concernant les nouveaux défis sociétaux à promouvoir dans toute prospective territoriale. L'action d'aménagement de la ville se révèlerait stratégie : celle-ci permet, à partir d'une décision initiale, de créer un certain nombre de scénarios destinés à optimiser l'existant, pour agir en faveur d'une « géographie du mieux ». La stratégie requiert ainsi la connaissance complexe, et doit se mener en travaillant contre l'incertain et les logiques multiples du jeu d'acteurs et autres interactions à multi-échelles. Il s'agirait d'obtenir une situation d'équilibre entre les différents acteurs, en adoptant les principes de la géogouvernance.

Face à ces enjeux, nous proposons dans un premier temps d'étudier la mise en place de stratégies d'acteurs par la « théorie des jeux », dans le cadre de la réalisation de sites écologiques intercommunaux autour du Cap d'Antibes (Alpes-Maritimes). Dans un deuxième temps, il est à considérer que la qualité de vie doit également posséder une entrée relevant des préoccupations individuelles. Ainsi, nous avons créé une enquête baptisée « EnviroNice », où les Niçois doivent estimer leur représentation du bien-être au sein d'un espace public niçois. Cette démarche bottom-up impose une conception d'ensemble ayant pour dessein d'améliorer la qualité de vie au niveau intra-urbain.

Résumé du colloque

Les indicateurs sont devenus des instruments de gestion et de gouvernance incontournables dans pratiquement tous les domaines et toutes les échelles de la politique publique. En particulier depuis le début des années 90, les indicateurs « alternatifs » ont vu le jour, d’abord avec l’élaboration des indicateurs du développement durable, et plus récemment, sous forme des indicateurs de progrès social, de qualité de vie, de bien être, etc. Néanmoins, en tant qu’instrument de gestion publique, les indicateurs sont souvent critiqués du fait qu’ils sont issus de l’« expertocratie », en étant typiquement conçus par des experts-scientifiques, et ainsi ne répondant pas aux « vraies » préoccupations des citoyens concernés. Un tel dilemme entre l’expertise savante et les préoccupations citoyennes se manifeste également dans la tension entre deux demandes : les indicateurs alternatifs sont censés être à la fois représentatifs du territoire (demande sociétale) qu’ils renseignent et comparables au niveau international (demande politique).

Une suggestion logique et fréquente à ce dilemme consiste à renforcer la participation des citoyens dans l’élaboration des indicateurs. Souvent exprimée, cette recommandation n’est pourtant pas souvent suivie en pratique. Par ailleurs, on en sait encore peu sur les conséquences de la participation dans les différentes étapes du « cycle de vie » des indicateurs, allant des processus de production à leurs conséquences. La littérature sur les différentes formes de participation des citoyens dans de nombreux domaines de la vie politique a mis en évidence une tension entre les objectifs émancipatoires et du contrôle (à travers des formes de « gouvernementalité ») de la participation. Les leçons de cette littérature mériteraient à être mieux intégrées dans le développement et la recherche sur les indicateurs.

La thématique de ce colloque portera généralement sur les leviers et barrières à l’institutionnalisation des indicateurs alternatifs, et plus particulièrement sur les conditions pour qu’un indicateur puisse répondre à la fois aux demandes sociétales et politiques, à savoir représenter les citoyens et être comparable internationalement. Ainsi deux notions phares seront approfondies au cours de ce colloque : la participation et la question d’échelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 7 mai 2013

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