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Entre voix et machine, quelles interactions? L'exemple de la chanteuse Natacha Muslera et du platiniste eRikm en duo improvisé

JA

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Joan Aguila : EHESS-CMH - École des hautes études en science sociales de Paris

Résumé de la communication

Les platinistes sont des musiciens qui utilisent des platines vinyles comme instrument de musique. Contrairement à la plupart des instrumentistes qui adaptent leur technique à un instrument dont la facture est figée par une tradition, les platinistes développent eux-mêmes leur propre « lutherie » à partir de platines vinyle, en venant y greffer d'autres appareils (sampler, Kaoss Pad, etc.).

Les techniques de jeu développées sur ces systèmes instrumentaux sont en parti déterminées par la morphologie de l'intrument. Le jeu avec des matériaux sonores fixés sur l'objet vinyle sont tout autant de contraintes dont le musicien est prisonnier. Le langage musical discontinu est une des composantes esthétique des platinistes, dû à la transformation, la juxtaposition ou la superposition d'éléments sonores hétérogènes.

Pour un chanteur, jouer en duo avec un platiniste comporte des défis. L'hétérogénéité du discours musical du platiniste s'oppose à la fluidité organique de la voix chantée. En prenant l'exemple du duo Cartouche du platiniste eRikm et de la chanteuse Natacha Muslera, je propose ici de faire une étude de cas où la source d'expressivité née de l'interaction entre voix et machine.

Ce sera l'occasion d'observer comment le musicien et la chanteuse sont amenés à trouver un « terrain d'entente », à travers une esthétique commune qui passe, du coté du platiniste, par la transformation de son système instrumental, et pour la chanteuse, par une ouverture à une technique de jeu bruitiste.

Résumé du colloque

Le cri et le chant constituent les extrêmes d’un continuum sonore qui, dans ses innombrables déclinaisons, donne voie à l’expressivité humaine. Les degrés progressifs de la formalisation entre cri et chant ne correspondent pas forcément à des niveaux plus ou moins complexes de signification, ni à une forme plus ou moins accomplie d’Art. Entre une expression instinctive comme le cri et un acte linguistique (un énoncé), on retrouve une volonté commune de véhiculer un message à travers la voix.

Le champ d’action de la voix est vaste et toute manifestation (cri, rire, soupir, prosodie, contour mélodique, chant) contribue à alimenter des échanges sociaux, affectifs, sexuels, au sein d’une communauté. Il y a pour autant diverses raisons à faire de la voix l’objet privilégié d’une réflexion plurielle. Les études de cas proposées lors de ce colloque ont pour but d’analyser les formes primordiales d’expressivité vocale (appelées par Lacasse « modificateurs ») dont les professionnels de la voix, notamment les chanteurs, se servent lors de leurs productions artistiques pour véhiculer des émotions. Ce colloque souhaite amener une réflexion polyphonique sur un sujet d’étude qui implique des approches et des modalités différentes pour travailler avec et sur la voix. Le but est de créer un dialogue interdisciplinaire entre des modèles analytiques issus de la psycho-acoustique et des perspectives socio-anthropologiques, qui viennent enrichir la réflexion sur la phénoménologie du corps vocal, sur sa perception et sur la conception de son espace de diffusion.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 7 mai 2013

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