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Daniela Moisa : Université de Montréal
Plusieurs études ont déjà tiré le signal d'alarme sur l'abandon des lieux de
culte catholiques, sur la diminution de l'importance de la religion dans la société québécoise. Cette image est encore plus puissante lorsqu'on sort des grands centres urbains tels que Montréal. Or, une recherche dans la région de Lanaudière sur les spiritualités alternatives et le renouveau catholique révèle l'existence d'une dynamique spirituelle inattendue, plus ou moins visible, qui anime les anciens lieux de culte et qui engendre des nouveaux espaces de partage et d'échange spirituels. En laissant de côté la vision pessimiste de la
vulnérabilité religieuse, nous allons présenter comment la région de Lanaudière intègre et concilie une diversité de groupes d'immigrants en
recherche de nouveaux lieux d'attachement et de performance religieuse, aussi bien que des pratiques spirituelles et des croyances qui, souvent,
n'ont rien à voir avec la religion traditionnelle, catholique. De plus, cette réalité spirituelle locale est connectée et intégrée à une pluralité de réseaux sociaux et spirituels globaux, ce qui nous amène à se questionner sur la signification de lieu religieux, d'intégration et de convivialité religieuse.
La religion est souvent abordée comme un facteur de clivage social ou comme un obstacle à la participation sociale et au bon établissement des immigrants. Les communications du colloque visent à jeter une nouvelle lumière sur la thématique religion/intégration en lien principalement avec le contexte québécois. Prenant l’intégration comme un fait de la société plutôt que des individus ou des groupes ethniques, nous examinons le potentiel du religieux comme espace et comme outil d’intégration sociale. Quatre sous-thématiques seront plus précisément abordées : 1) le rôle des groupes religieux dans l’insertion des immigrants (entraide, soutien moral, vecteur de sens qui aide à vivre l’exil, l’éloignement familial, la déqualification…); 2) les milieux religieux à Montréal et dans les régions comme des sites de relations interethniques où les minoritaires sont souvent majoritaires; 3) les conceptions de l'intégration sociale qui sont véhiculées au sein des groupes religieux et des institutions religieuses de même que les représentations idéales du rapport que leurs membres devraient entretenir avec le reste de la société, ainsi que l'intégration tel qu'imaginée par les immigrants et les institutions qu'ils ont établies; 4) les conceptions de l'intégration sociale qui sont véhiculées au sein du groupe majoritaire et des institutions publiques en ce qui concerne l'appartenance religieuse des citoyens, de même que les représentations idéales du rapport à la citoyenneté que les croyants devraient entretenir, et les normes juridiques qui devraient la baliser.
En bref, nous proposons de questionner l’opposition souvent établie entre la religion et l’intégration, tout en cernant des créneaux d’ouverture entre des groupes différents au sein du religieux, sans négliger les instances où les clivages sociaux (ethniques ou autres) trouvent expression dans la religion.
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