Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Noémie Gonzalez : Université Laval
Cette communication s'intéresse aux interactions entre différents acteurs qui se trouvent mis en relation dans un contexte d'urgence, et plus précisément un feu de forêt. L'étude présentée porte sur l'analyse d'un feu qui a brûlé sur le territoire ancestral de la nation Atikamekw – le Nitaskinan – près de la réserve de Wemotaci. Le feu a été maitrisé après 10 journées de lutte. Durant cette période, différents groupes d'acteurs ont été en interaction. On compte parmi ceux-ci les pompiers volontaires de la communauté Atikamekw, les pompiers professionnels de la SOPFEU, les Atikamekw évacués dans la ville proche de La Tuque, les bénévoles gérant l'aide aux évacués mais également le territoire, le feu et la forêt brûlée. Ce sont ces interactions, et les réseaux qui se sont créées entre ces acteurs très différents que nous avons choisi de mettre en évidence dans cette présentation. L'objectif est notamment de mieux comprendre les caractéristiques de la collaboration entre Autochtones et non-Autochtones en contexte d'urgence.
L'étude de la participation des Premières nations dans le secteur forestier canadien a connue des avancées considérables au cours de la dernière décennie. Un nombre important de publications documentent maintenant la diversité des formes que peut prendre cette participation. Elles documentent les défis et les opportunités qui lui sont associés, de même que plusieurs dynamiques sociales observées au sein même des processus par lesquels les communautés autochtones entrent dans une collaboration négociée avec d'autres acteurs du milieu forestier. Cette masse critique d'études de cas étant atteinte, de nouvelles possibilités d'études comparatives s'ouvrent maintenant aux chercheurs. Les processus de participation des Premières nations dans la gestion des forêts n'existent pas indépendamment les uns des autres. Les transferts des connaissances et des expériences entre les Premières nations, la rétroaction entre les mises en œuvre concrètes de processus participatifs et les cadres légaux et institutionnels dans lesquels ils existent, de même que le cumul des expériences positives et négatives font en sorte qu’il est impératif de penser les processus dans leurs interrelations et dans le temps. Les participants au présent colloque s’intéresseront à mieux comprendre ces articulations à partir de matériaux empiriques détaillant l’évolution des formes de participation pour une communauté ou une nation donnée, ou encore en traitant des rapports qui existent entre divers processus contemporains dans lesquels cette communauté ou cette nation est impliquée. Il sera, en outre, question des processus consultatifs, de la cogestion, de la certification forestière, de l’entrepreneuriat autochtone dans le secteur forestier et des processus juridiques de revendication et d’affirmation des droits des Premières nations en matière de gouvernance territoriale.