Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Bruno Robert : Université Laval
La gouvernance est une notion polysémique dont l'apparition sur la scène internationale remonte au début des années 1990. Depuis, plusieurs organismes internationaux en font la promotion, mais son application présente des difficultés allant de la résistance politique à la compréhension de la nature de cette forme de gouverne. Notre hypothèse est que la gouvernance est appropriée au développement de l'adaptation et de la résilience car elle peut utiliser des caractéristiques complexes dans la gestion des changements climatiques. Ces caractéristiques sont tirées des théories les plus récentes de la complexité, tandis que la réalité sociale est représentée par la théorie de l'acteur/réseau. Cette étude permet de tirer des conclusions pratiques. Ainsi, pour construire et maintenir une réalité sociale qui inclut l'adaptation et la résilience, il faut préférer des actions fréquentes et miser sur des événements et des innovations. Également, si la réalité sociale est essentiellement acteurs/réseaux, la pensée collective s'avérerait plus efficace que la pensée hégémonique car elle favorise la construction et le maintien d'attachements. Certaines caractéristiques de la gouvernance sont intéressantes car elles cherchent à favoriser l'attachement par la participation, le consensus, l'équité et la transparence.
Les concepts de vulnérabilité et de résilience des communautés, ainsi que les questions d’intégration des échelles de gestion des zones côtières et riveraines dans le cadre des changements climatiques, requièrent des analyses complexes, au niveau social, politique, et écologique. Les approches traitant de ces aspects et leurs interprétations sont généralement complexes, ce qui limite leur capacité à passer à l’action et opérationaliser les recommandations. Les acteurs des communautés et des organisations sociales demeurent perplexes à savoir si tout cela reste utile. La complexité de ces approches, et des défis qu’elles cherchent à relever, limite le processus de transformation de celles-ci vers une adaptation durable d’une part, et vers une véritable intégration des enjeux territoriaux terre/mer d’autre part. Ici, nous débattrons des aspects cruciaux de l’adaptation pour un développement territorial durable et tenant compte de l’interdépendance des bassins versants et des zones côtières, tant d’un point de vue conceptuel, méthodologique, qu’empirique. Les acteurs locaux sont pris entre deux réalités. Dans le court terme, le besoin de réagir dans l’immédiat mène à des décisions qui peuvent empiéter sur la capacité future des populations à faire face aux effets des changements climatiques. Les actions prises à court terme pour répondre aux besoins criants des élus et des citoyens, qui voient l’adaptation sous l’angle de la protection (enrochement ou mur), peuvent aussi restreindre des usages par les acteurs d’aujourd’hui (non enrochement ou retrait). Dans le long terme, les problèmes pourraient même s'aggraver, si dans une perspective intégrée des composantes socioécologiques, les conditions socioécologiques atteignaient un seuil de non-retour. Devant cette situation, nous devons comprendre les facteurs qui façonnent la construction des représentations sociales des acteurs (communauté, gestionnaires, élus, etc.), découvrir les facteurs socioécologiques et politiques qui influencent les capacités d’apprentissage, d’innovation et de transformation, ainsi que développer des approches intégrées. L’intégration de ces enjeux permettra de faire face à des situations extrêmes dans lesquels l’incertitude, les changements d’état des ressources et les transformations rapides des écosystèmes et des politiques sont fréquents, et ce, dans un savoir transférable aux communautés et aux acteurs concernés.
Thème du colloque :