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Édouard-Julien Blanchet : Université Laval
La gestion du territoire forestier au Québec a souvent suscitée de moult débats étant donné la diversité des intérêts et des usages qui s'y superposent. L'application du nouveau régime forestier en 2013 tente d'amener quelques pistes de solution en institutionnalisant la décentralisation de la gestion du territoire au sein de table de gestion intégrée de la ressource et du territoire. Or, loin d'être uniquement structurées par les règlements et les lois qui encadrent ces tables, les prises de décisions procèdent souvent par un enchevêtrement des liens sociaux informels et des cadres légaux de décisions. L'objectif de cette présentation est de mettre en exergue l'influence considérable des dynamiques relationnelles et des imaginaires sociaux qui influencent la participation des Premières nations aux prises de décisions au sein d'une table de concertation. Les données présentées proviennent d'une recherche approfondie au sein du comité d'aménagement de la Forêt Montmorency de l'Université Laval. Elles ont été recueillies par observation participante et par des entrevues semi-dirigées menées auprès des membres du comité d'aménagement. Cette étude de cas est d'autant plus pertinente que la Forêt Montmorency est reconnu comme un modèle en matière d'aménagement forestier durable; aménagement intégrant tant les aspects économiques, environnementaux et sociaux reliés au territoire.
L'étude de la participation des Premières nations dans le secteur forestier canadien a connue des avancées considérables au cours de la dernière décennie. Un nombre important de publications documentent maintenant la diversité des formes que peut prendre cette participation. Elles documentent les défis et les opportunités qui lui sont associés, de même que plusieurs dynamiques sociales observées au sein même des processus par lesquels les communautés autochtones entrent dans une collaboration négociée avec d'autres acteurs du milieu forestier. Cette masse critique d'études de cas étant atteinte, de nouvelles possibilités d'études comparatives s'ouvrent maintenant aux chercheurs. Les processus de participation des Premières nations dans la gestion des forêts n'existent pas indépendamment les uns des autres. Les transferts des connaissances et des expériences entre les Premières nations, la rétroaction entre les mises en œuvre concrètes de processus participatifs et les cadres légaux et institutionnels dans lesquels ils existent, de même que le cumul des expériences positives et négatives font en sorte qu’il est impératif de penser les processus dans leurs interrelations et dans le temps. Les participants au présent colloque s’intéresseront à mieux comprendre ces articulations à partir de matériaux empiriques détaillant l’évolution des formes de participation pour une communauté ou une nation donnée, ou encore en traitant des rapports qui existent entre divers processus contemporains dans lesquels cette communauté ou cette nation est impliquée. Il sera, en outre, question des processus consultatifs, de la cogestion, de la certification forestière, de l’entrepreneuriat autochtone dans le secteur forestier et des processus juridiques de revendication et d’affirmation des droits des Premières nations en matière de gouvernance territoriale.
Thème du colloque :