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Adolfo Agundez Rodriguez : Université de Sherbrooke
Le Programme de formation de l'école québécoise (PFÉQ) (MEQ, 2001 et 2004; MELS, 2007), dans le but de favoriser «la construction d'une vision du monde» (p.6), propose les cinq domaines généraux de formation (DGF) suivants : santé et bien-être; orientation et entreprenariat; environnement et consommation; médias; vivre ensemble et citoyenneté. Ceux-ci sont définis comme des domaines directement liés aux valeurs, qui portent sur des grandes questions que les jeunes doivent affronter, abordant différentes facettes intéressantes et nécessaires pour le bon développement des élèves, et qui répondent à des attentes sociales importantes en matière d'éducation. Cependant, malgré l'importance donnée dans le PFÉQ au traitement des DGF en classe, dans la pratique éducative on constate qu'ils sont peu développés à cause d'un manque de repères pour soutenir leur applicabilité (Conseil supérieur de l'éducation, CSÉ, 2007), d'un manque de matériel didactique orientant leur mise en œuvre (Agundez-Rodriguez, 2008) et d'un manque de formation spécifique des enseignantes et enseignants dans ces domaines (Lévesque, Lachance, Cloutier, sous presse). Dans le cadre de notre présentation, nous aborderons les grandes possibilités offertes par le Programme de Philosophie pour enfants pour aborder les DGF en classe. Concrètement, nous prendrons l'exemple de l'éducation à la consommation qui est l'objet de recherche de notre thèse doctorale.
L’une des valeurs de fond qui traverse la philosophie de l’éducation touche à la formation de la pensée et du jugement, au développement d’une « tête bien faite » dirait Montaigne. L’école n’est pas que le lieu d’acquisition de connaissances, mais aussi celui où les élèves y trouvent des occasions d'apprendre l'art de penser, lequel fait d'ailleurs partie intégrante des processus de construction de savoirs et de connaissances. Cet apprentissage constitue donc un enjeu éducatif de premier ordre, d’autant qu’il pourrait contribuer à la réussite scolaire. Toutefois, l'attention qui lui est portée, notamment celle consacrée aux habiletés intellectuelles ainsi qu’aux processus de pensée, demeure somme toute marginale à l’intérieur des différents curricula. À cet égard, la philosophie pour enfants et adolescents (PPEA) peut représenter un véhicule de choix dans la poursuite de cette visée. Reconnue par l’UNESCO en tant qu’approche favorisant, entre autres, le développement de la pensée des élèves, la PPEA est présente dans plus de 60 pays et les recherches à son sujet ont augmenté de façon importante au cours des 10 dernières années. En PPEA, le regard des élèves est régulièrement dirigé vers les processus de pensée, c'est-à-dire à la fois vers leurs composantes et vers les relations qu'elles entretiennent entre elles. Partant, les habiletés intellectuelles, parmi d'autres, sont au centre de la démarche en tant qu'elles sont désormais considérées comme des éléments de contenu. En PPEA, les informations liées à ces habiletés sont sans doute parmi celles qui sont considérées les plus stables et autour desquelles se construisent les dialogues.
Ce colloque porte sur cette question de l’apprentissage de l’art de penser en PPEA. Y seront examinés les apports possibles de cet apprentissage à partir d’une diversité de perspectives : affectivité, réussite scolaire, transfert, formation des maîtres, pensée critique, exploration de contenus disciplinaires, éducation éthique, etc.
Titre du colloque :