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Francine Julien-Gauthier : Université Laval
En déficience intellectuelle, la résilience consiste à présenter le meilleur développement possible face aux adversités particulières qui sont rencontrées, afin de viser le bien-être et une pleine intégration sociale (Jourdan-Ionescu et Julien-Gauthier, 2011). Cette étude qualitative vise à mieux connaître la résilience des personnes ayant une déficience intellectuelle, telle que perçue par les personnes elles-mêmes. La méthode utilisée est celle de la recherche participative. Les participants sont quatre adultes qui reçoivent une aide éducative d'un centre de réadaptation. Les données sont recueillies avec « l'Échelle de résilience » de Wagnild et Young (1993 ; adaptation de Julien-Gauthier et al., 2012). La passation s'inspire de la démarche d'évaluation de la résilience chez des adultes avec des difficultés d'apprentissage (Blocher, 2004).
Les résultats présentent le degré de résilience des participants et leurs commentaires à chacun des énoncés. L'analyse de ces données, dans une perspective écosystémique, met en lumière des interventions de « résilience assistée », c'est-à-dire qui visent à développer et consolider leur résilience naturelle. Ces résultats témoignent d'un changement de paradigme dans l'intervention, auparavant axée sur les pathologies ou les difficultés de ces personnes (Ionescu, 2012). Ils permettent l'avancement des connaissances au sujet de l'aide apportée aux personnes qui présentent une déficience intellectuelle dans une perspective de résilience.
La recherche sur la résilience a connu un développement remarquable, comme en témoignent les nombreuses publications dans le domaine. À l’opposé des modèles traditionnels d’intervention basés sur la pathologie, mettant l’accent sur les déficits et les problèmes d’adaptation, la résilience s’appuie sur les forces et permet le développement de stratégies construites sur les capacités existantes (Wagnild, 2009). Le concept de résilience connaît un si grand succès international qu’il devient nécessaire d’en préciser le contenu afin d’en faire un outil de pensée et de pratique (Cyrulnik, 2012).
La complexité du concept de résilience fait que sa compréhension ne peut aboutir qu’en adoptant une perspective intégrative, qui tient compte des résultats de recherches menées dans le cadre de perspectives théoriques différentes : psychanalytique, développementale, cognitiviste, psychosociale, psychobiologique, ethnologique et écosystémique (Ionescu, 2006).
Sur le plan clinique, dès le début des années 1990, de plus en plus de chercheurs s’efforcent d’élaborer des instruments (échelles, questionnaires, inventaires) destinés à évaluer la résilience (Ionescu et Jourdan-Ionescu, 2011). Différentes formes de résilience peuvent être évaluées : individuelle (Jourdan-Ionescu et Julien-Gauthier, 2010), familiale (McCubbin et McCubbin, 1988), scolaire (Wang, Haertal et Walberg, 1994), professionnelle (Waterman, Waterman et Collard, 1994), etc.
Le processus de résilience, étudié dans des situations très diverses (à caractère traumatisant ou d’adversité chronique) et bâti à partir de caractéristiques individuelles, familiales et environnementales constitue la résilience naturelle (Ionescu, 2011).
L’impact du concept de résilience sur la pratique connaît un grand essor, notamment avec l’émergence du concept de « résilience assistée » (Ionescu, 2011). L’intervention de résilience assistée vise à développer et consolider la résilience d’une personne, il s’agit d’une intervention de type maïeutique, où le caractère souvent directif, contraignant, intrusif même des interventions classiques est remplacé par un véritable accompagnement qui, en facilitant l’actualisation des compétences de la personne et leur utilisation pour faire face à l’adversité, façonne la résilience (Ionescu, 2010).
Ce colloque multidisciplinaire regroupe des chercheurs nationaux et internationaux, des secteurs de l’éducation, de la psychologie et de la réadaptation qui présenteront leur conception de la résilience pour un public de chercheurs, de professionnels et d’étudiants. Véritable sommet sur la question, il permettra de discuter les résultats de recherches scientifiques au sujet : des concepts de résilience et de résilience assistée; des différents contextes d’étude de la résilience; des types d’évaluation de la résilience; des implications de la résilience dans les pratiques professionnelles.
Thème du colloque :