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Marie Robillard : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'Université du Québec à Montréal offre le cours : « L'exercice du travail social en milieu institutionnel et communautaire ». Il s'adresse aux étudiants de première année qui n'ont pas ou très peu d'expérience pratique en intervention sociale. Le bénévolat qu'ils doivent réaliser dans le cadre du cours leur permet d'expérimenter une forme d'intervention sociale et d'emblée de développer certaines habiletés pratiques tels l'empathie, la créativité, l'engagement social, la bonne communication, la débrouillardise, etc. L'étudiant est appelé à jouer le rôle de bénévole et à participer aux objectifs del'organisme. En étant confronté à divers problèmes sociaux, l'étudiant peut ainsi valider son choix de carrière, expérimenter la relation d'aide et l'organisation communautaire. Par le partage des expériences de chacun en classe, les étudiants développent des connaissances sur les divers milieux communautaires qui peuvent les aider à un choix éventuel de lieu de stage ou de carrière. Cette expérience leur permet également de s'approprier les valeurs du milieu communautaire qui sont en grande partie similaires aux valeurs du travail social. Cette expérience permet un engagement social de toute évidence. Alors, comment soutenir les étudiants dans cette expérience pour qu'elle soit riche en apprentissages?
Le contexte dans lequel s’insèrent les nouveaux diplômés en travail social s’est complexifié au cours de la dernière décennie. La restructuration du réseau public a eu des répercussions sur les pratiques d’intervention sociale, la « Nouvelle gestion publique » axée sur la performance et la rentabilité étant souvent en tension avec les finalités du travail social. Ce type de gestion est d'ailleurs utilisé dans l’ensemble des pays occidentaux. À cela s’ajoute, les changements liés à la refonte du système professionnel québécois et à l’adoption par l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec d’un référentiel de compétences révisé. Comment dans une telle conjoncture peut-on former des travailleurs sociaux qui demeurent critiques, créatifs et porteurs des finalités du travail social? Actuellement, les programmes de formation universitaires répondent à la fois à des impératifs de formation théorique et pratique. Ils doivent faire en sorte que les futurs diplômés acquièrent un premier niveau de compétences susceptible de leur permettre de relever les défis liés aux enjeux socioéconomique, politique, institutionnel, législatif, éducatif et éthique auxquels ils seront confrontés. Pour y parvenir, il est nécessaire de mettre à contribution des approches pédagogiques novatrices qui favorisent l’acquisition des savoirs, méthodes et compétences requises par l’exercice du travail social dans un contexte d’incertitude et de complexité. À cet égard, Raucent, Verzat et Villeneuve (2010) dans un livre consacré à la pédagogie universitaire proposent de repenser la posture traditionnelle enseignant/apprenant pour adopter celle d’accompagnement de l’apprenant. En ce sens, ce colloque veut permettre aux enseignants et aux professionnels des unités de formation en travail social le partage d’expérience de pratiques pédagogiques novatrices.