Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Catherine Lefrançois : Université de Montréal
Cette proposition est issue de problématiques survenues dans projet de recherche en cours et qui porte sur les transformations de la voix chantée au Québec entre les années 1920 et 1940. Au cours de cette période, la voix populaire se diversifie pour des raisons multiples qui semblent reliées entre autres à la technologie, aux pratiques artistiques et socio-professionnelles et à certaines conjonctures dans l'industrie de la musique, ces facteurs influençant la sélection des styles vocaux diffusés. Un travail mené sur un corpus produit sur une plus courte période et aux propriétés stylistiques bien circonscrites et relativement homogènes (la chanson country-western) avait montré la pertinence de choisir des paramètres idiomatiques et très restreints dans l'analyse de l'expressivité vocale. Toutefois, dans le cadre d'une étude envisageant plusieurs styles vocaux dans une perspective diachronique, le choix des paramètres à prendre en considération et le découpage du corpus en phonostyles soulève de nombreuses questions méthodologiques et épistémologiques. Cette communication présentera ces questions et proposera des réponses partielles qui seront mises à l'épreuve dans une étape ultérieure de la recherche. Elle vise également à établir un dialogue avec les autres chercheurs présents dans le but d'enrichir le projet de recherche, notamment par l'interdisciplinarité.
Le cri et le chant constituent les extrêmes d’un continuum sonore qui, dans ses innombrables déclinaisons, donne voie à l’expressivité humaine. Les degrés progressifs de la formalisation entre cri et chant ne correspondent pas forcément à des niveaux plus ou moins complexes de signification, ni à une forme plus ou moins accomplie d’Art. Entre une expression instinctive comme le cri et un acte linguistique (un énoncé), on retrouve une volonté commune de véhiculer un message à travers la voix.
Le champ d’action de la voix est vaste et toute manifestation (cri, rire, soupir, prosodie, contour mélodique, chant) contribue à alimenter des échanges sociaux, affectifs, sexuels, au sein d’une communauté. Il y a pour autant diverses raisons à faire de la voix l’objet privilégié d’une réflexion plurielle. Les études de cas proposées lors de ce colloque ont pour but d’analyser les formes primordiales d’expressivité vocale (appelées par Lacasse « modificateurs ») dont les professionnels de la voix, notamment les chanteurs, se servent lors de leurs productions artistiques pour véhiculer des émotions. Ce colloque souhaite amener une réflexion polyphonique sur un sujet d’étude qui implique des approches et des modalités différentes pour travailler avec et sur la voix. Le but est de créer un dialogue interdisciplinaire entre des modèles analytiques issus de la psycho-acoustique et des perspectives socio-anthropologiques, qui viennent enrichir la réflexion sur la phénoménologie du corps vocal, sur sa perception et sur la conception de son espace de diffusion.