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Thais Mikie de Carvalho Otanari : Université de Montréal
Cette communication présente un paradigme alternatif de construction de la connaissance scientifique en santé mentale qui met en valeur l'expérience de celui qui participe. Il s'agit de mettre l'être humain au centre du choix de recherche et de rapprocher le discours des chercheurs de celui des personnes atteintes d'une maladie mentale. Nous tentons d'appliquer ce paradigme dans une Alliance internationale de Recherche Université/Communautés (ARUC) contre l'exclusion des personnes diagnostiquées avec des problèmes de santé mentale réunissant des partenaires brésiliens et québécois du milieu universitaire, communautaire et du réseau de services publics de santé mentale. L'ARUCI?Santé mentale et citoyenneté vise à étudier les conditions et pratiques favorisant ou entravant la qualité de vie, le rétablissement des personnes atteintes de maladie mentale. Au centre de cette alliance un Comité citoyen qui a « pour mandat d'assurer la prise en compte et la participation active des personnes vivant ou ayant vécu avec des problèmes de santé mentale dans les différentes instances et activités, et de leur permettre plus largement de participer aux orientations de l'ARUCI-SMC. ». À partir de l'analyse du Comité, je propose une réflexion sur la participation citoyenne dans les productions des savoirs en santé mentale. Une telle participation est-elle capable de promouvoir une science qui ait une éthique politique du bien commun ?
La science ouverte (open science) recouvre au moins quatre grands aspects de la pratique scientifique : 1. l'accès libre pour tous les internautes à toutes les publications scientifiques arbitrées par les pairs (le libre accès), 2. le partage en ligne des données de recherche (la science en ligne), 3. la science collaborative (ou citoyenne) qui inclut des chercheurs non professionnels dans les projets de recherche et, 4. la science 2.0 qui regroupe les réseaux sociaux et blogs où s'expriment de plus en plus les chercheurs, y compris pour présenter et mettre en débat leurs hypothèses. L'existence même de ces nouvelles pratiques est une révolution par rapport aux pratiques conventionnelles de la science : articles publiés dans des revues payantes, données protégées ou secrètes, exclusion des non-pairs, confinement à la parole scientifique institutionnelle (dans les revues ou les livres). Selon les pays, les universités et les disciplines, cette révolution s'effectue à des vitesses différentes. Où en sont les chercheurs et les universités francophones?
Afin d'éclairer les chercheurs et les administrateurs universitaires sur les avantages et les conséquences des différentes pratiques de la science ouverte, ce colloque rassemble des spécialistes de différents pays qui feront un état des lieux et des débats sur trois de ces thèmes. Cet état des lieux permettra aussi de débattre de la façon dont ces pratiques devraient être considérées dans les programmes de recherche et de formation des universités québécoises et dans la future politique nationale de recherche et d'innovation du Québec. Une table ronde sur les dépôts institutionnels en accès libre rassemblera d'ailleurs des représentants de la plupart des universités québécoises.
Ce colloque sera aussi l'occasion de présenter une nouvelle revue, Sciences, éthique et sociétés, et de tenir l'assemblée générale annuelle de l'Association science et bien commun.