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Les emprunts du français dans la langue comorienne et leurs variations lexicales

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Ali Abdoulhamid : Université des Comores

Résumé de la communication

Comme toutes les langues du monde, la langue comorienne, langue bantoue, contient des emprunts. On estime que 30 % des mots de la langue sont d'origine arabe. Mais dans la langue contemporaine, les emprunts les plus fréquents proviennent du français. Cela peut être expliqué par deux raisons. La première tient au fait que les cadres comoriens sont en grande majorité francophones et se servent souvent des termes français si le terme n'est pas disponible en comorien (comme dans la langue technique). La seconde est liée au phénomène d'émigration comorienne en France de ces 40 dernières années. En effet, plus de 150 000 Comoriens vivent en France (la population des Comores est de 691 000 habitants au dernier recensement), et beaucoup d'entre eux reviennent souvent au pays accompagnés de leurs enfants. Une fois sur place, ils emploient des termes français dans leurs échanges avec la population restée au pays. C'est ainsi que dans tous les domaines de la langue les emprunts du français sont présents. Une fois dans la langue comorienne, ces emprunts du français sont en mouvement : ils varient selon les axes diachronique, diaphasique, diastratique et diatopique. Mais dans certains cas, on remarque également une variation terminologique. À partir de l'observation d'un corpus oral, nous proposons une analyse des mots du français dans la langue comorienne : comment sont-ils pris en charge? Quelles sont leurs différentes formes de variations?

Résumé du colloque

Dès leur mise en circulation, mots et termes sont sujets à la variation. Celle-ci peut s’articuler dans le temps. « Les mots s’empruntent, s’oublient, se perdent, se renouvellent », écrit si bien Arsène Darmesteter en 1889 dans La vie des mots. La variation lexicale peut aussi s’articuler dans l’espace, ce qu’illustrent notamment les travaux de Claude Poirier sur le français québécois et d’André Thibault sur les français des Antilles. D’autres mouvements lexicaux, telles la terminologisation et la déterminologisation (mouvements décrits et nommés par Ingrid Meyer), sont moins connus. La terminologisation correspond au passage dans la langue générale d’unités lexicales spécialisées; la déterminologisation correspond au phénomène inverse, lorsque des unités lexicales connues de tous migrent vers le discours spécialisé. La description généralement adoptée du lexique en fonction de domaines de spécialité cloisonnés ne permet pas de décrire et de saisir adéquatement le passage des unités lexicales d’une sphère de connaissances à une autre. Si les linguistes qui oeuvrent en lexicologie s’intéressent depuis longtemps à la variation sous ses diverses formes, il en va autrement de ceux qui oeuvrent en terminologie. La variation terminologique est un phénomène qui n’est décrit que depuis la fin des années 1990, à la suite de travaux plus étroitement liés à la linguistique de corpus et à l’informatique. L’étude théorique de la variation, bien qu’intéressante, doit pouvoir déboucher sur des approches méthodologiques visant la prise en charge lexicographique et terminographique des divers types de variation dans les dictionnaires et les bases de données lexicales. Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, etc., contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
news icon Thème du colloque :
Mouvements dans le lexique
section icon Date : 7 mai 2013

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Titre du colloque :

Mouvements dans le lexique

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