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Claude Gélinas : Université de Sherbrooke
À l'inverse de ce qui prévaut à Montréal, les nouveaux arrivants qui s'établissent en Estrie ont rarement tendance à se regrouper à l'intérieur de groupes religieux composés d'une majorité de migrants. Actuellement, seuls les musulmans font exception à cette règle. Ceci implique que ce sont des groupes religieux composés à majorité de citoyens natifs et de tradition chrétienne qui accueillent les migrants et qui deviennent, dans ce contexte, des espaces interculturels. Notre objectif ici consiste à saisir comment, d'une part, ces groupes religieux permettent ou non aux nouveaux arrivants de maintenir et d'exprimer leurs particularismes identitaires et culturels et comment, d'autre part, ils favorisent ou non l'intégration plus large de ces derniers à l'échelle de la population estrienne. Nous prenons appui sur les résultats préliminaires de deux projets de recherche parallèles portant respectivement sur le parcours migratoire des familles immigrantes en Estrie et sur l'état du pluralisme religieux dans la même région.
La religion est souvent abordée comme un facteur de clivage social ou comme un obstacle à la participation sociale et au bon établissement des immigrants. Les communications du colloque visent à jeter une nouvelle lumière sur la thématique religion/intégration en lien principalement avec le contexte québécois. Prenant l’intégration comme un fait de la société plutôt que des individus ou des groupes ethniques, nous examinons le potentiel du religieux comme espace et comme outil d’intégration sociale. Quatre sous-thématiques seront plus précisément abordées : 1) le rôle des groupes religieux dans l’insertion des immigrants (entraide, soutien moral, vecteur de sens qui aide à vivre l’exil, l’éloignement familial, la déqualification…); 2) les milieux religieux à Montréal et dans les régions comme des sites de relations interethniques où les minoritaires sont souvent majoritaires; 3) les conceptions de l'intégration sociale qui sont véhiculées au sein des groupes religieux et des institutions religieuses de même que les représentations idéales du rapport que leurs membres devraient entretenir avec le reste de la société, ainsi que l'intégration tel qu'imaginée par les immigrants et les institutions qu'ils ont établies; 4) les conceptions de l'intégration sociale qui sont véhiculées au sein du groupe majoritaire et des institutions publiques en ce qui concerne l'appartenance religieuse des citoyens, de même que les représentations idéales du rapport à la citoyenneté que les croyants devraient entretenir, et les normes juridiques qui devraient la baliser.
En bref, nous proposons de questionner l’opposition souvent établie entre la religion et l’intégration, tout en cernant des créneaux d’ouverture entre des groupes différents au sein du religieux, sans négliger les instances où les clivages sociaux (ethniques ou autres) trouvent expression dans la religion.
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