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Stephanie Premji : McMaster University
Un nombre croissant d'études démontre que les travailleurs immigrants ont des taux plus élevés d'accidents et de maladies liés au travail que les autres travailleurs et que ces inégalités varient entre autre selon le genre. Cependant, il existe peu d'information sur les mécanismes en jeu. Afin d'élucider les facteurs qui créent ou amplifient les inégalités, nous avons effectué une revue de la littérature provenant de pays industrialisés sur la santé et sécurité des travailleurs immigrants. Cette littérature indique que plusieurs mécanismes sont régulièrement cités pour expliquer les inégalités: les barrières linguistiques, la culture, la vulnérabilité liée au statut légal, la précarité économique, le manque d'expérience et la discrimination. Toutefois, la majorité des études recensées étant épidémiologiques, les manières précises par lesquelles chacun de ces facteurs influence la santé au travail pour les hommes et les femmes sont peu élaborées. De plus, ces mécanismes sont largement considérés au niveau individuel alors que leur dimension structurelle est rarement contemplée. Nous suggérons que l'utilisation de larges groupes populationnels tel que « les immigrants » en recherche ne facilite pas l'obtention de résultats actionnables. Ainsi, nous proposons de redéfinir les mécanismes d'inégalités couramment cités en déterminants de santé et sécurité tout en mettant l'emphase sur les processus structurels sous-jacents.
Au Québec, l’immigration contribue à la diversité croissante de la force de travail. Une personne sur dix est née à l’étranger. À Montréal seulement, plus du tiers de la population est née à l’étranger. Pour la période 2006-2010, le Québec a reçu tous les ans en moyenne 47 000 nouveaux arrivants (MICC, 2012). À ce nombre s’ajoutent plus de 30 000 travailleurs étrangers venus occuper un emploi temporaire (CIC, 2012). Les travailleurs étrangers temporaires constituent une garantie de croissance dans les secteurs où les emplois sont moins attrayants. Les travailleurs immigrés connaissent une trajectoire d’insertion en emploi plus difficile et, une fois embauchés, ils occupent souvent des professions et des secteurs d’activité à plus hauts risques d’accidents professionnels. À Montréal, la CSST estime qu’un travailleur sur deux qui dépose une demande de réclamation provient de l’immigration (CSST, 2010). La méconnaissance du droit et des lois en vigueur, la surqualification liée à la non-reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger, ainsi que des barrières linguistiques et culturelles peuvent s’ajouter au tableau (Gravel et autres, 2006). De la prévention des accidents professionnels à la réadaptation médicale, sociale ou professionnelle de personnes immigrantes, les défis sont immenses. La survenue d’un accident professionnel peut être à l’origine d’une trajectoire médico-administrative complexe et difficile (Côté, 2012). La prise en charge du patient dans un contexte de diversité culturelle peut être une source d’incompréhension lorsque les conditions pour favoriser l’écoute et la communication n’ont pas été réunies. Ce colloque est organisé par l’équipe METISS (Migration et ethnicité dans les interventions en santé et en services sociaux) du CSSS de la Montagne.
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