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Stephen Wyatt : Université de Moncton
Cette communication se déroulera en deux temps. D'abord, nous résumons les résultats d'un recensement portant sur l'engagement dans le secteur forestier de 481 communautés autochtones à travers le Canada. Ce recensement démontre que la majorité des communautés sont engagés dans au moins deux processus différents, souvent en même temps mais également séquentiellement. Nous verrons que ces processus peuvent avoir pour les Autochtones de multiples objectifs. Parmi ceux-ci on compte l'affirmation de leurs droits, le développement économique, l'occupation du territoire et une meilleure gestion environnementale. Même si plusieurs études ont examinés de tels processus à titre de mécanisme distinct, très peu se sont intéressés aux relations et aux répercussions qu'un processus peut avoir sur un autre. Afin de mieux comprendre ces dynamiques, nous présentons un cadre conceptuel qui nous permet d'analyser les liens qui se tissent entre ces processus. Nous proposons que, dans leur ensemble, ces processus constituent un (ou des) espace de revendications, de négociation et d'expression de tensions qui démontre que la collaboration est avant tout un processus de gouvernance négociée. Notre cadre conceptuel repose sur deux caractéristiques clés des liens entre différents processus – les liens structuraux par lesquels un processus peut en influencer un autre, ainsi que les liens relationnels et perceptuels entre les acteurs impliqués dans les processus.
L'étude de la participation des Premières nations dans le secteur forestier canadien a connue des avancées considérables au cours de la dernière décennie. Un nombre important de publications documentent maintenant la diversité des formes que peut prendre cette participation. Elles documentent les défis et les opportunités qui lui sont associés, de même que plusieurs dynamiques sociales observées au sein même des processus par lesquels les communautés autochtones entrent dans une collaboration négociée avec d'autres acteurs du milieu forestier. Cette masse critique d'études de cas étant atteinte, de nouvelles possibilités d'études comparatives s'ouvrent maintenant aux chercheurs. Les processus de participation des Premières nations dans la gestion des forêts n'existent pas indépendamment les uns des autres. Les transferts des connaissances et des expériences entre les Premières nations, la rétroaction entre les mises en œuvre concrètes de processus participatifs et les cadres légaux et institutionnels dans lesquels ils existent, de même que le cumul des expériences positives et négatives font en sorte qu’il est impératif de penser les processus dans leurs interrelations et dans le temps. Les participants au présent colloque s’intéresseront à mieux comprendre ces articulations à partir de matériaux empiriques détaillant l’évolution des formes de participation pour une communauté ou une nation donnée, ou encore en traitant des rapports qui existent entre divers processus contemporains dans lesquels cette communauté ou cette nation est impliquée. Il sera, en outre, question des processus consultatifs, de la cogestion, de la certification forestière, de l’entrepreneuriat autochtone dans le secteur forestier et des processus juridiques de revendication et d’affirmation des droits des Premières nations en matière de gouvernance territoriale.
Thème du colloque :