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Stéphanie Pourquier-Jacquin : Avignon Université
À un moment ou le jeune adulte acquiert autonomie et indépendance, la construction de son identité culturelle s'ancre à présent dans une actualité et une époque, offrant de fait de nouvelles perspectives dans sa pratique culturelle future. Il devient, en affichant ses goûts, un acteur de sa pratique mais aussi maillon incontournable de l'économie numérique des biens culturels.
Le Web 2.0 et les réseaux sociaux contribuent de plus en plus à établir une proximité entre le(s) public(s) et les producteurs d'objets culturels. La promotion des œuvres passe à présent par les réseaux communautaires puis par le public qui devient à son tour prescripteur auprès de ses différents cercles d'appartenances. De la même façon, les artistes, acteurs en leurs noms-propres sur ces réseaux sociaux, semblent établir par le biais des informations, des photos ou encore des « tweets » une proximité avec leur public en contournant les lieux traditionnels de rencontres artistes-public. Cette communication se propose d'étudier, au regard des premiers résultats d'une enquête menée sur les pratiques cinématographiques des étudiants de l'Université d'Avignon, les nouvelles modalités de prescriptions et l'importance que ceux-ci ont pris dans leurs rapports à la Culture. Désormais, la prescription cinématographique ne se résume pas aux critiques de la presse mais passe par de nouveaux médias : photos, vidéos, forums et parodies sont les moyens actuels de montrer son attraction – ou non- pour une œuvre.
Ce colloque s’intéresse aux multiples manières par lesquelles les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) modifient l’accès à la culture. Plus particulièrement, il cherche à identifier l’évolution des relations entre formation du goût et dispositifs de prescription ou de recommandation, compte tenu de l’émergence de nouveaux réseaux sociaux dans leurs dimensions tout autant interactives que technologiques. La recherche sociologique a pris acte depuis plus d’une quarantaine d’années de la démultiplication des rapports à la culture et la montée de l’éclectisme en matière de passion et d’intérêt culturel. Le numérique est venu à la fois renforcer et problématiser ces phénomènes. La multiplication des contenus oblige en effet à des processus poussés d’éditorialisation, ce qui tend à accentuer plutôt qu’à éliminer les logiques et dispositifs de prescription (recommandation, découverte, évaluation et classement). Filtres et relais culturels se reconfigurent, posant de la sorte à nouveaux frais la question des rapports de force et des inégalités au sein du champ culturel. Qu’advient-il du jugement et de la critique au sein d’une culture marquée par la montée des « prosommateurs » et où se brouillent les frontières conventionnelles entre professionnels et amateurs? Qu’en est-il du rôle de prescription des groupes de pairs au sein des nouvelles communautés virtuelles? Qui sont et que font ces nouveaux tastemakers et gatekeepers de l’ère numérique : agrégateurs et sites de recommandation de toutes sortes? Comment favorisent-ils un accès différencié à l’information et aux contenus culturels? Les modes opératoires des nouveaux prescripteurs étant conditionnés par l’architecture des sites Internet (interface et algorithmes), dans quelle mesure ces nouvelles « lois » de programmation agissent-elles comme filtres?