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Krasimira Marinova : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Le Programme (2001) indique que l'enfant s'engage dans des situations d'apprentissage issues du jeu (SAIJ). Forme spécifique au préscolaire, la SAIJ se situe entre le jeu et les activités d'apprentissage. Réalisant le principe de la continuité des activités, elle lie la procédure ludique et le contenu cognitif. Cette dualité dans sa nature permet différentes interprétations justifiant un grand éventail de pratiques pédagogiques. On note alors l'absence d'une compréhension commune quant à la nature des SAIJ, laquelle s'observe dans la planification, la conception et le pilotage des SAIJ. Il est donc légitime de se questionner à savoir quelle est leur nature psychologique, comment les SAIJ contribuent au développement global et quels sont les principaux défis des enseignantes dans leur utilisation pédagogique. Nous tenterons donc de proposer une définition descriptive de cette forme d'activité en tenant compte de sa nature ludique et de son contenu cognitif. Tout d'abord, en appliquant le modèle de G. Brougère, nous analyserons les caractéristiques de la SAIJ, lesquelles la déterminent comme une forme ludique. Ensuite, la question des objectifs pédagogiques susceptibles d'être posés et éventuellement atteints dans une SAIJ sera aussi discutée en tenant compte de la fragilité de la forme ludique. Enfin, nous aborderons le rôle de l'enseignante dans les SAIJ en mettant l'accent sur quelques points délicats : le droit de décision, le contrôle et la discipline dans les SAIJ.
Plusieurs chercheurs s’entendent pour dire que le jeu constitue une activité par excellence pour permettre à l’enfant d’apprendre et se développer harmonieusement en contextes éducatifs pendant la petite enfance (Bodrova et Leong, 2011; Howes et al., 2010; Larivée, 2010; Marinova, 2012; Pelligrini et Nathan, 2011; Pianta et al., 2012), notamment en service de garde éducatif et en maternelle. Le jeu s’avère plus qu’une source de plaisir ou de divertissement pour l’enfant. Dans le cadre de son activité spontanée, il lui permet de mobiliser un lot d’habiletés motrices et psychomotrices, socioaffectives, cognitives et langagières, voire de solliciter son développement global (Bouchard, 2008, 2012; Bouchard et Fréchette, 2011; Hirsh-Pasek et al., 2009; Landry et al., 2012). La recherche fournit d’ailleurs de plus en plus de preuves quant à l’apport du jeu dans le développement des habiletés en numératie et en littératie, des capacités d’autorégulation et de concentration, ainsi que des fonctions exécutives chez l’enfant (Bodrova et Leong, 2011 ; Bornstein et al., 1999; Obradovic et al., 2012; Stevens et al., 1998). Force est toutefois d’admettre qu’un peu partout dans le monde, on note un certain désintérêt ou une désaffection pour l’apprentissage par le jeu en contextes éducatifs (Gilain-Mauffette, 2009; Miller et Almond, 2009; Stipek, 2006; Trawick-Smith, 2012). Ainsi, son pouvoir pourrait être méconnu ou encore sous-estimé, et par le fait même, ne pas être utilisé sciemment pour soutenir l’apprentissage et le développement global des enfants en contextes éducatifs (Trawick-Smith, 2012). Selon Thériault et Doucet (2010), certaines pressions pourraient être à l’origine de cette diminution du temps et de l’espace réservés au jeu. Qu’en est-il de la situation du jeu? Comment le définir de façon à en dégager une représentation commune? Existe-t-il un type de jeu qui favorise plus particulièrement l’apprentissage et le développement global de l’enfant en service de garde éducatif et en maternelle? Comment soutenir le jeu dans l’intervention éducative? Voilà autant de questions auxquelles ce colloque tentera de fournir certains éléments de réponse.
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