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Maxime Lambert : Université Laval
Les sigles ont pris dans les dernières années une place importante autant dans les vocabulaires spécialisés que dans la langue générale. S'il est de mise d'associer l'augmentation de l'emploi des sigles à leur fonction abréviative, cette association entraîne un questionnement sur la nature de la relation entre les sigles et leur source, notamment au plan du sens. Pour mieux comprendre cette relation, nous nous sommes interrogés à savoir si les sigles sont à considérer comme des signes linguistiques prototypiques ou comme une classe d'unités lexicales à part. Pour ce faire, nous avons mené auprès de 72 participants une enquête par questionnaire portant sur 27 sigles et avons effectué l'analyse de quelques 10 000 articles journalistiques et scientifiques en nous intéressant aux cas de cooccurrences des sigles et de leur source. Nous avons ainsi pu déterminer, entre autres choses, que la relation que les sigles entretiennent avec leur source varie de locuteur en locuteur et que la fonction abréviative des sigles ne constitue pas la raison première de leur emploi. Ces résultats nous permettent de mener plus loin la réflexion sur la nature sémiotique des sigles et mènent au constat que ceux-ci forment une classe de signes linguistiques particulière. Nous nous proposons de mettre en lumière certaines des propriétés sémiotiques qui concourent à en faire une catégorie lexicale singulière, catégorie dont les caractéristiques globales restent néanmoins à définir plus avant.
Dès leur mise en circulation, mots et termes sont sujets à la variation. Celle-ci peut s’articuler dans le temps. « Les mots s’empruntent, s’oublient, se perdent, se renouvellent », écrit si bien Arsène Darmesteter en 1889 dans La vie des mots. La variation lexicale peut aussi s’articuler dans l’espace, ce qu’illustrent notamment les travaux de Claude Poirier sur le français québécois et d’André Thibault sur les français des Antilles. D’autres mouvements lexicaux, telles la terminologisation et la déterminologisation (mouvements décrits et nommés par Ingrid Meyer), sont moins connus. La terminologisation correspond au passage dans la langue générale d’unités lexicales spécialisées; la déterminologisation correspond au phénomène inverse, lorsque des unités lexicales connues de tous migrent vers le discours spécialisé. La description généralement adoptée du lexique en fonction de domaines de spécialité cloisonnés ne permet pas de décrire et de saisir adéquatement le passage des unités lexicales d’une sphère de connaissances à une autre. Si les linguistes qui oeuvrent en lexicologie s’intéressent depuis longtemps à la variation sous ses diverses formes, il en va autrement de ceux qui oeuvrent en terminologie. La variation terminologique est un phénomène qui n’est décrit que depuis la fin des années 1990, à la suite de travaux plus étroitement liés à la linguistique de corpus et à l’informatique. L’étude théorique de la variation, bien qu’intéressante, doit pouvoir déboucher sur des approches méthodologiques visant la prise en charge lexicographique et terminographique des divers types de variation dans les dictionnaires et les bases de données lexicales. Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, etc., contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.
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