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Julie Ruiz : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Aménager la zone agricole impose de bien saisir les tendances lourdes de l'agriculture qui marquent les territoires, ainsi que les enjeux soulevés par ces tendances. Or, depuis les années 1950, le passage d'une agriculture « domestique » à une agriculture « productiviste » puis « post-productiviste ou multifonctionnelle » est reconnu pour avoir eu des impacts majeurs sur le type et la distribution spatiale des activités agricoles. En prenant appui sur une analyse spatiale et statistique des recensements agricoles de 1951 à 2011 aux dix ans et à l'échelle des municipalités québécoises, cette étude a pour but de révéler l'ampleur, la vitesse et la direction des changements agricoles qui ont marqué les territoires. Avec des indicateurs comme l'évolution des superficies municipales en culture, la densité de ferme, le cheptel laitier, le nombre de fermes biologiques, etc. une typologie des trajectoires d'évolution de l'agriculture sur le territoire est mise à jour. Cette typologie permet par exemple de distinguer les municipalités traversées par une déprise périurbaine, par une intensification marquée, par une reprise agricole récente, etc. Ces tendances agricoles ainsi révélées sur une base spatiale offrent un cadre pour mieux saisir les principaux enjeux d'aménagement liés à la protection et au développement du territoire agricole au Québec.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).
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