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Membre a labase
yasmine jouhari : Université Laval
Dans cette communication, nous défendrons l'hypothèse selon laquelle l'intervenant en éthique serait le garant de l'asymétrie, source de questionnement et d'engagement éthique. Le rôle, qu'assigne G.A. Legault à l'intervenant en éthique, est celui du « praticien réflexif », ce qui nous renvoie à Schön et Argyris. Sur base de la réception que fait G.A. Legault de ces deux auteurs, nous tenterons de revenir davantage sur le tandem du « praticien réflexif » et de la théorie des cadres à partir d'une réflexion sur l'asymétrie. Nous soutiendrons que, lorsqu'il y a une asymétrie au sein (ou entre les différents) des cadres d'action mobilisés par les acteurs ou dans lesquels ces derniers se meuvent, la question éthique peut se poser et que tout le processus éthique, requérant un repositionnement des acteurs et une transformation de leurs identités d'action, peut être entamé. La fonction de l'intervenant en éthique ne serait-elle pas alors de veiller sur cette asymétrie?
intervenant en éthique : garant de l'asymétrie?
L’espace sociopolitique se transforme au gré d’une démocratisation constante des structures sociopolitiques et de l’identification des fractures entre les attentes normatives de la société civile, des particuliers, et des instances institutionnelles. Pour y remédier, l’éthique est souvent convoquée en tant qu’« outil de réparation du lien social ». Alors que les structures démocratiques (au sein de l’espace politique, organisationnel, social, etc.) sont traitées à partir de ces transformations majeures que sont l’individualisation, l’ébranlement des relations sociales, la crise des normes, etc., le rôle de l’éthique n’est pas interrogé pour lui-même, pas plus que celui de l’intervenant en éthique.
D’ailleurs, la fonction de celui-ci prête souvent à confusion, comme peuvent aisément en témoigner ceux et celles conduisant de telles interventions. Les attentes à son égard sont multiples selon les acteurs organisationnels, politiques, etc. – employés, employeurs, politiques, société civile, etc. – auxquels il s’adresse. En réalité, la difficulté de l’intervention en éthique est qu’elle se situe toujours à l’intersection d’attentes normatives assez distinctes voire contradictoires alors que la fonction même de l’intervenant en éthique n’est pas institutionnalisée en tant que telle et ne renvoie pas à une assise professionnelle clairement définie. Cela n’empêche pas que les « consultants » en éthique se font plus nombreux et que des formations universitaires en éthique permettent à certains et certaines de prétendre à une forme d’expertise en la matière.
Ce colloque aura donc pour objectif d’échafauder les jalons d’une réflexion philosophique, éthique et critique sur l’intervenant en éthique : quel rôle devrait être le sien ? De quelle légitimité peut-il se réclamer ? Comment se conçoit son identité d’action ? S’apparente-t-il à la figure de l’expert, du praticien-réflexif, de l’accompagnateur ? Ce sont quelques-unes des questions qui seront abordées lors de ce colloque.
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