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Jean Marcellin Manga Lebongo : Université de Liège
Au Cameroun, les jeunes constituent une forte population démographique. On les retrouve davantage dans les centres urbains où ils sont généralement présentés à travers des images réductrices qui les enferment dans l'étroitesse des paradigmes de la délinquance et de la paresse. En faisant le choix d'étudier des textes de certains groupes de rap et de rappeurs qui s'activent dans la ville de Yaoundé, cette analyse se construit à l'envers de cette représentation hégémonique. Partant de l'interrogation qui est celle de savoir quels sont, d'une part, les messages que contiennent les chansons de rap et, d'autre part, ce qu'ils nous apprennent de la société camerounaise, l'argument développé est qu'une écoute du contenu des paroles chantées par les rappeurs de la capitale camerounaise permet de relativiser la prétendue résignation des jeunes à l'égard d'un système social, politique et économique qui les marginalise. Ils donnent également à voir la manière dont cette catégorie de jeunes interpelle, par des mots, divers protagonistes de la société, sur les travers à l'œuvre dans leur société d'appartenance. Pour convaincre, nous collecterons des chansons de rap produites entre 1990 et 2012. L'analyse thématique qui s'en suivra nous aidera à démontrer que le rap est un révélateur de l'éclosion, chez les jeunes citadins au Cameroun, d'une nouvelle grammaire de la participation à la vie politique à travers laquelle s'affirment leurs divergences avec les aînés et le pouvoir.
Au Québec, les manifestations étudiantes contre la hausse des droits de scolarité et le « printemps érable » qui a suivi ont marqué l’année 2012. Sur le continent africain, cette année a également été celle de la protestation des jeunes Maliens contre l’occupation du nord de leur pays et du lancement par des « jeunes patriotes » d’une tournée pour la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire. Bien que se déployant dans des contextes fort différents, ces mouvements ont tous été catalysés par des jeunes. C’est ainsi qu’ils sont d’ailleurs décrits par les médias et l’opinion. Le colloque proposé porte sur la thématique de la « jeunesse », objet d’étude très sollicité dans les sciences sociales et surtout très actuel. Il focalisera son attention sur la région du monde ayant la population la plus jeune. Pour atteindre notre objectif théorique de pluridisciplinarité, le colloque couvrira trois axes.
Le premier axe, qui traitera de jeunesse et politique en Afrique, permettra de questionner comment cette jeunesse, que les structures politiques n’ont de cesse de vouloir encadrer, est de plus en plus « crainte et convoitée », en raison de leur poids démographique mais aussi parce que leurs comportements sont à la mesure de leurs frustrations. Il s’agira ensuite, dans le deuxième axe relatif à jeunesse et culture populaire, d’analyser comment les domaines de production tels que la musique, l’humour corrosif, et les nouvelles technologies de la communication se sont graduellement imposées comme un espace privilégié d’expression des jeunes. Prolongement des études, transition difficile sur le marché du travail et mise en couple retardés : les changements survenus dans le calendrier et les modalités d’entrée en vie adulte seront abordés dans le troisième axe du colloque. On s’intéressera ici aux nouvelles trajectoires et stratégies scolaires, professionnelles et familiales des jeunes et aux rapports sociaux (générationnels, de classe, de genre) qu’elles font émerger.
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