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Julien Pierre Arsenault : UQAM - Université du Québec à Montréal
La géographie, telle que nous l'avons historiquement connue dans l'étude des caractéristiques et phénomènes terrestres, a pris un tournant au courant du dernier siècle où son intérêt ne se porte plus seulement vers les composantes physiques et humaines que l'homme a pu recenser de manière cartographique jusqu'à aujourd'hui, mais où la dimension sociale nous amène à concevoir l'espace de manière totalement nouvelle et éclectique. Le phénomène assez récent des applications mobiles utilisant la détection géographique de l'individu dans leur fonctionnement s'inscrit non seulement dans cette réactualisation de la géographie, mais est également porteur d'un sens sociologique indéniable situé derrière l'objet technique. Les applications mobiles de géolocalisation (aussi appelées location based social networks) exercent, à titre de médias socionumériques, la fonction « d'outils sociaux » pour les individus qui les utilisent, mais présentent aussi une conception géographique propre à ses fins et aux valeurs qu'elles véhiculent. Ayant comme hypothèse que ces applications mobiles basées sur la position géographique de l'individu amènent l'utilisateur à appréhender l'espace qui l'entoure autrement, nous expliquerons comment cette appréhension est faite de manière différente, que ce soit dans la manière de lire, d'analyser, de construire et de raconter l'espace géographique, et aussi le pourquoi de la chose, en intégrant des notions d'hyperindividualisme, de surveillance et de contrôle social.
Ce colloque a pour but d’étudier l’apport des processus d’information et de surveillance dans la reproduction sociale par le biais de pratiques de médiations quotidienne d’ordre communicationnel et informationnel. Depuis la fin du 20e siècle, plusieurs chercheurs ont lié l’apparition de la société moderne à des problématiques de surveillance et de contrôle en tant que partie intégrante de la dynamique sociétale. Plus près de nous, l’essor contemporain des technologies numériques (Internet, médias sociaux, téléphonie cellulaire, géolocalisation, etc.) réinterrogent à leur tour, notamment, les notions de visibilité, d’accès, de vie privée et de circulation de données personnelles. En ce sens, dans le contexte des transformations sociales, politiques, économiques et culturelles contemporaines, plusieurs chercheurs (Lyon, Haggerty) estiment le phénomène suffisamment important pour mériter d’être abordé et étudié par le biais d’une discipline nouvelle, les Surveillance Studies.
À cet égard, les technologies de l’information, notamment les médias socionumériques, sont un lieu privilégié pour aborder cette question. Par exemple, le profilage marketing, la circulation de données personnelles, la géolocalisation, etc. font partie des sujets et des objets de recherche qui seront abordés dans ce colloque. Il est proposé également d’étudier comment les technologies de l’information, en tant que vecteurs de production, cueillette, circulation et consommation d’informations, s’inscrivent dans le déploiement des formes de surveillance au quotidien. Voici les thématiques qui seront notamment abordées dans le cadre du colloque : marchandisation de l’information et surveillance; banalisation de la surveillance au quotidien; surveillance et gouvernance; technologies mobiles et dispositifs de géolocalisation; Big Data et circulation des données personnelles; médias socionumériques et vie privée; technologies de l’information et vie quotidienne.
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