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Pascal Jollivet-Courtois : Université de technologie de Compiègne
Le programme de recherche/innovation/développement auquel cette présentation se rattache a commencé il y a six ans par un travail visant à cartographier les réseaux sociaux en ligne de diaspora, et à construire leurs cartes de réseaux de contributions et de collaboration (Frank Ghitalla, eDiaspora Atlas, avec WebAtlas & l'EHESS). Ce programme s'est enrichi au fil des ans, en donnant naissant à un logiciel de la cartographie des réseaux (sociaux sémantiques) entièrement diffusé en source ouverte, selon une économie de la contribution (logiciel Gephi). Il a notamment permis des usages de « data-journalisme » sur des réseaux de conflits d'intérêts remarquables.
Le projet actuel consiste à développer une plate-forme contributive en ligne de cartographie de réseaux permettant d'ouvrir au plus grand public ces techniques sophistiquées de spatialisation de l'information basées sur la théorie des graphes et de réseaux formels, et d'expérimenter avec des partenaires entrepreneurs sociaux et associatifs l'appropriation de ces techniques et la capacités de ces acteurs à développer un savoir « profane » original, en open source et en mode contributif « hybride ».
La science ouverte (open science) recouvre au moins quatre grands aspects de la pratique scientifique : 1. l'accès libre pour tous les internautes à toutes les publications scientifiques arbitrées par les pairs (le libre accès), 2. le partage en ligne des données de recherche (la science en ligne), 3. la science collaborative (ou citoyenne) qui inclut des chercheurs non professionnels dans les projets de recherche et, 4. la science 2.0 qui regroupe les réseaux sociaux et blogs où s'expriment de plus en plus les chercheurs, y compris pour présenter et mettre en débat leurs hypothèses. L'existence même de ces nouvelles pratiques est une révolution par rapport aux pratiques conventionnelles de la science : articles publiés dans des revues payantes, données protégées ou secrètes, exclusion des non-pairs, confinement à la parole scientifique institutionnelle (dans les revues ou les livres). Selon les pays, les universités et les disciplines, cette révolution s'effectue à des vitesses différentes. Où en sont les chercheurs et les universités francophones?
Afin d'éclairer les chercheurs et les administrateurs universitaires sur les avantages et les conséquences des différentes pratiques de la science ouverte, ce colloque rassemble des spécialistes de différents pays qui feront un état des lieux et des débats sur trois de ces thèmes. Cet état des lieux permettra aussi de débattre de la façon dont ces pratiques devraient être considérées dans les programmes de recherche et de formation des universités québécoises et dans la future politique nationale de recherche et d'innovation du Québec. Une table ronde sur les dépôts institutionnels en accès libre rassemblera d'ailleurs des représentants de la plupart des universités québécoises.
Ce colloque sera aussi l'occasion de présenter une nouvelle revue, Sciences, éthique et sociétés, et de tenir l'assemblée générale annuelle de l'Association science et bien commun.