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Pragmatiques de la fiction : lecture littéraire et lecture philosophique

ÉB

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Élise Boisvert Dufresne : Université Laval

Résumé de la communication

Quel est le rôle joué par le critère de fiction dans la classification des textes littéraires et philosophiques ? Alors que la distinction entre la littérature et la non-littérature, massivement fondée sur le critère de fiction et entretenue tant bien que mal par des institutions éditoriales et universitaires, par l'inculcation de stratégies de lecture spécifiques et par une tradition de
références à des corpus « hors de doute », résiste mal aux nombreuses critiques qu'on a adressées à ses théoriciens, il nous semble éclairant d'évaluer quel rôle le même critère peut jouer dans un tout autre corpus : celui de la philosophie.

Nous dresserons d'abord un portrait du discours sur la fiction tenu en études littéraires et sur le rôle esthétique qui lui incombe, puis nous rappellerons les principales critiques qu'on a formulées envers cette conception de la fiction et du littéraire. Nous chercherons ensuite à montrer que, si l'utilisation d'une quelconque « fiction » en philosophie semble à peu près irréconciliable avec les traits esthétisants qu'on a voulu associer à ce concept, elle semble néanmoins bien ancrée dans ce genre du discours. Il convient donc de s'interroger sur les différentes stratégies de lecture appartenant à chacune de ces institutions du savoir. On a longtemps cherché à définir une « lecture littéraire » des textes où le rapport à la fiction occupait une importance centrale. Comment pourrait-on définir, à présent, la « lecture philosophique » ?

Résumé du colloque

Nous nous souvenons tous de cette phrase assassine qui clôturait les Thèses sur Feuerbach de Marx et Engels : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer. » Loin d’en entériner d’emblée le constat, la Société de Philosophie du Québec (SPQ) voudrait plutôt, pour son Congrès 2013, convier les philosophes de tous horizons à réfléchir et échanger sur la manière dont la philosophie a, de tous temps, compris son efficace sur le monde. Que le moteur de l’acte de philosopher soit de transformer celui qui en est l’auteur, celui à qui il s’adresse ou encore l’objet qu’il se donne, on ne saurait douter que la philosophie même lorsqu’elle interprète le monde, cherche toujours à le transformer, lui ou ses habitants. À moins, bien sûr, que la philosophie ne soit que le reflet des changements qui s’opèrent dans le monde dont elle est issue…

S’agit-il, comme dans le cas des tentatives qui visent à définir la « vie bonne », de fournir les conditions de possibilité d’une maîtrise ou d’une production de soi, alors la philosophie se donne comme remède, hygiène, exercice ou démarche créatrice. Pour les philosophies qui prennent pour objet les pratiques sociales et les normes sur lesquelles elles s’articulent, c’est leur propre teneur théorique qui prend valeur de praxis dans un effort pour « changer la façon commune de penser » (Denis Diderot). Ainsi, qu’elle demeure purement critique ou qu’elle se donne pour fondatrice de normes nouvelles, la philosophie, toujours, cherche à atteindre les institutions qui fabriquent le sujet ou qui structurent ses relations au monde ou aux autres et d’en ébranler la légitimité.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 7 mai 2013

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