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Jonathan Lamy Beaupré : Inter, art actuel
Comment une œuvre de performance véhicule-t-elle un discours politique ? Comment une protestation politique peut-elle comporter une dimension performative ? Cette communication mettra en relation des œuvres de performance d'artistes autochtones et des manifestations, afin de voir comment s'articulent les liens entre le politique et le performatif dans le Québec contemporain. Lors des activités entourant le 400e anniversaire de la ville de Québec, en 2008, Louis-Karl Picard-Sioui a présenté une performance, intitulée As-tu du sang indien ?, qui critiquait les paradoxes qui entourent les relations identitaires et symboliques entre les Premières Nations et les Québécois. Au printemps 2012, afin de faire valoir leurs revendications par rapport au Plan Nord du gouvernement libéral, des femmes innues ont entrepris une véritable performance, marchant de Sept-Îles jusqu'à Montréal (soit plus de 800 kilomètres) pour y tenir une manifestation. Lors de l'événement Os brûlé 5, qui réunissaient des artistes et poètes québécois et autochtones, Sonia Robertson a mis les spectateurs « en réserve » avant d'ingurgiter un grand nombre d'hosties rectangulaires, sur lesquelles elle avait inscrit des mots en rouge, dans un acte de décolonisation et de libération corporel. Ces différentes performances montrent que l'engagement politique et le discours contestataire, s'ils prennent d'habitude la forme de paroles, peuvent aussi passer par l'action du corps.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).
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