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Quelle épistémologie visualiste pour l'ethnographie organisationnelle? L'aire du photographiable et l'aire du photographié sur le terrain d'organisations policières et militaires

MM

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Michaël Meyer : Université de Lausanne

Résumé de la communication

Cette communication pointera la question de la prise de vue photographique comme ressource d'une ethnographie « visualiste » des organisations armées. Elle évoquera pour cela deux modes d'instrumentation des images durant l'enquête de terrain : la prise de vue embarquée et la photographie comme support d'entretien. La photographie en tant qu'objet de curiosité, de discussion et de confrontations intersubjectives peut en effet profiter au chercheur dans son engagement sur des terrains organisationnels de plus en plus soucieux de leur « image publique ». Elle devient une ressource d'« échange de vues » et un outil pour faire émerger les arrière-plans du travail des membres des organisations étudiées. À travers l'exemple d'une ethnographie de la police en Suisse (2005-2011) et secondairement d'un projet similaire d'ethnographie de l'Armée Suisse (dès 2012), la communication proposera un compte-rendu méthodologique sur trois enjeux liés à l'introduction d'une épistémologie visualiste dans la boîte à outils de l'ethnographie organisationnelle : la négociation des images, la perturbation des situations mises en image et la stimulation des enquêtés.

Résumé du colloque

Ce colloque sera l’occasion de discuter des pratiques émergentes de l’ethnographie organisationnelle et de souligner sa contribution à la compréhension des organisations. Les travaux de recherche relevant de l’ethnographie organisationnelle ont contribué à explorer, au quotidien, les pratiques des acteurs, et plus précisément de « voir les organisations de l’intérieur » (Laude, 2012) que ce soit des entreprises privées, des hôpitaux, des organisations gouvernementales ou non (Orr, 1996; Grosjean et Lacoste, 1999). Or, les organisations contemporaines se complexifient et évoluent dans un environnement mouvant et incertain. Elles sont devenues plus complexes, fragmentées, dispersées (Borzeix et Cochoy, 2008). Pour tenter de saisir et comprendre toute cette complexité, les chercheurs adoptent une conception dynamique de l’organisation (Langley et Tsoukas, 2010), celle-ci apparaissant alors comme le produit d’un travail continu d’« organizing » (Czarniawska, 2009). Le but est alors de mieux comprendre comment une organisation se constitue, évolue, se transforme, innove, apprend, négocie ses tensions internes et parfois s’effondre, en se positionnant au cœur de l’action, au cœur de l’organisation. Les chercheurs font l’hypothèse que la compréhension des pratiques effectives des acteurs organisationnels, de la manière d’agir et d’être d’une organisation passe par un travail de type ethnographique. On constate que les méthodes mises en œuvre dans des travaux récents se diversifient et évoluent afin de rendre compte du travail d’organisation (« organizing ») qui s’accomplit au quotidien, et de saisir toute la complexité des organisations (Ybema et al., 2009; Yanow, 2009; Watson, 2011). On voit émerger de nouvelles formes d’ethnographie organisationnelle telles que : le shadowing, l’ethnographie multimodale, la photoethnographie, l’autoethnographie, etc.; autant de pratiques émergentes que nous souhaitons discuter dans le cadre de ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 7 mai 2013

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