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Denis Ross
Cette communication porte sur le design pédagogique de formations de mentors. Elle se veut un retour réflexif d'une recherche-action regroupant un chercheur, une cinquantaine de mentors et trois conseillères pédagogiques impliqués dans des formations de mentors à l'intérieur d'un programme de mentorat pour le nouveau personnel enseignant de la Commission scolaire de Laval.
Les données analysées proviennent d'entrevues et de questionnaires auprès de mentors et des conseillères pédagogiques de même que des comptes-rendus des activités de formation des mentors.
Notre recherche-action nous laisse croire que la mise de l'avant de stratégies constructivistes/socioconstructivistes en design pédagogique (Willis, 2009;Willis et Wright, 2000), avec leurs aspects participatifs, réflexifs et récursifs, apporte une réponse satisfaisante aux besoins d'implication et d'apprentissage des mentors. De plus, de telles stratégies sont en accord avec le développement d'une culture mentorale (Zachary, 2005). Nous espérons que cette recherche puisse inspirer des personnes coordonnatrices de programmes de mentorat et des mentors pour la conception de dispositifs de formation misant sur une participation active des mentors dans la construction de leurs compétences en mentorat.
Depuis les années 1980, on remarque la montée en popularité du mentorat (Houde, 2010; Kram, 1985; Lafranchise, 2000; Greenberger et Wang, 2002; Ragins et Kram, 2007; Wanberg, Welsh et Hezlett, 2003). Plusieurs organisations mettent en place des programmes de mentorat en réponse à divers enjeux organisationnels et sociétaux. Les bénéfices individuels du mentorat pour les mentors et les mentorés commencent à être relativement bien connus (Allen, Poteet et Burroughs, 1997; Bozioelos, 2004; Eby, Durly, Evans et Ragins, 2006; Ragins et Scandura, 1999; St-Jean, 2012; St-Jean et Audet, 2012; Wanberg, Welsh et Hezlett, 2003). À l’inverse, les retombées du mentorat pour les organisations et la société sont moins documentées. Il convient également de s’attarder à la manière dont les organisations mettent en place et gèrent des programmes de mentorat afin d’en maximiser les bénéfices pour l’organisation et la société. Cela fait référence notamment au rôle et aux fonctions de la personne responsable de gérer le programme et d’accompagner les dyades de mentorat (Lafranchise, en cours), à la manière dont sont recrutés et jumelés les mentors/mentorés (St-Jean et El Agy, 2012), à la formation préalable qu’il convient de fournir (Cranwell-Ward et autres, 2004 ; St-Jean et Mitrano-Méda, 2012), tout comme celle en continu, dans une perspective de codéveloppement (Payette et Champagne, 1997), etc. Quelles sont les conditions de mise en œuvre d’un programme de mentorat qui favorisent des retombées positives et durables pour une organisation ? Pour la société ? Existe-t-il des règles transversales pouvant s’appliquer à différents contextes et d’autres qui sont spécifiques aux dispositifs mis en place et aux clientèles qu’ils desservent ? Quels sont les avantages et les bénéfices du mentorat en lien avec différents enjeux organisationnels et sociétaux ? Comment mesurer les effets et les bénéfices organisationnels ou sociétaux du mentorat ? Ces questions sont au cœur de ce colloque.
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