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Richard Price : College of William & Mary
Le dernier livre de Richard Price, Peuple Saramaka contre État du Suriname : combat pour la forêt et les droits de l'homme a pour sujet un peuple, les menaces qui pèsent sur sa forêt et son combat pour tenter de protéger son mode de vie en se saisissant des instruments juridiques internationaux des droits de l'Homme. Les Marrons saamaka, des descendants d'esclaves africains auto-libérés qui vivent dans la forêt tropicale de la République du Suriname, mènent depuis des années leur propre campagne. En 2007, la Cour Interaméricaine des Droits de l'Homme rendit en leur faveur un jugement qui fit jurisprudence. Désormais, les peuples marrons et les autochtones auront les mêmes droits devant la loi internationale – des droits de gérer leurs territoires, des droits de titres collectifs sur ces territoires, et beaucoup d'autres. Et la décision dans Saramaka a déjà aidé, par exemple, les Amérindiens Sarayaku d'Équateur de gagner leur propre procès contre les multinationales pétrolières devant la Cour interaméricaine de droits de l'homme en 2012. L'édition américaine de Peuple Saramaka contre État du Suriname a gagné le « 2012 Best Book Prize » de l'American Political Science Association dans le domaine des droits de l'homme et le 2012 « Senior Book Prize » de l'American Ethnological Society pour le meilleur livre d'ethnologie des deux dernières années.
Le rapatriement occupe l’actualité muséale depuis quelques décennies. Au Canada, aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande notamment, de réelles avancées ont eu lieu dans le domaine du retour des restes humains, l’établissement d’une nouvelle éthique et d’un nouveau respect entre les musées centraux et les communautés sources. Notamment suivant des politiques et lois telles que le NAGPRA aux États-Unis, mais aussi avec l’évolution des mentalités et des pratiques de (re)conciliation comme au Canada. Les avancées sont nettement moins probantes en ce qui a trait aux objets culturels significatifs. Les communautés sources peinent à faire valoir leurs droits sur les objets de leur patrimoine, voire même la possibilité d’y avoir accès. Les musées centraux sont réticents à laisser aller les collections qui fondent leur notoriété. Des exemples internationaux occupent le devant de la scène, telles des frises du Parthénon qui opposent la Grèce à la Grande-Bretagne. Le mouvement entrepris par les peuples autochtones envers les anciens empires coloniaux s’y apparente en partie, mais pas entièrement. Une lutte symbolique pour la reconnaissance des droits fondamentaux est engagée et le rapatriement d’objets en est un épiphénomène. Le territoire et la culture sont au centre des considérations. D’autres groupes culturels minorisés ou spoliés ont entrepris de telles démarches. L’exploration des ressemblances et différences des actions entreprises comme les façons d’aborder ces questions seront riches d’enseignement. Plusieurs études de cas seront présentées. Par ailleurs, il est de plus en plus question de rapatriement virtuel, les technologies de l’information permettant un échange d’information à plus grande échelle et à plus grande distance. Ces nouvelles technologies apportent-elles de nouveaux moyens ou sont-elles uniquement un moyen d’esquiver les demandes, permettant aux musées centraux de conserver les objets, en un simulacre de partage d’informations avec les communautés sources?