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Nicolás Rodríguez Galvis : Université Sorbonne Paris Nord
En 2011, la revue culturelle Orsai, vend, en moyenne, sept mille exemplaires de chacun des quatre numéros de 2010. De plus, « les pdf gratuits de ces éditions furent téléchargés plus de 600 000 fois. » Aujourd'hui, les ventes continuent à être tout aussi exceptionnelles et d'autres projets sont venus s'ajouter : une maison d'édition –où les lecteurs, à travers la communauté virtuelle sont aussi éditeurs- et deux bars/centre culturels (Barcelone et Buenos Aires) –financés par la même communauté-. En trois ans, la revue Orsai, créée à Barcelone par deux argentins et distribuée dans le monde, réussi son pari de modifier les gestes éditoriaux traditionnels par la création d'un modèle économique et communicationnel à contrecourant qui conjugue habilement la qualité, la durabilité et la rentabilité. Orsai ne demande pas des subventions, refuse la publicité, a créé un système de distribution piloté via Internet où les lecteurs deviennent des distributeurs, propose sa revue à un prix en accord avec les revenus moyens du pays du lecteur et a réussi à créer et à fidéliser une communauté de lecteurs à travers leur blog. Cette communication se propose d'analyser le potentiel d'innovation d'Orsai, tant dans les processus de production que dans les dispositifs organisationnels placés au cœur d'une économie de la création qui est principalement basée dans le rapport dynamique que les éditeurs lient avec une cybercommunauté de lecteurs qu'adhère, participe et fait vivre ce projet inédit.
Ce colloque s’intéresse aux multiples manières par lesquelles les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) modifient l’accès à la culture. Plus particulièrement, il cherche à identifier l’évolution des relations entre formation du goût et dispositifs de prescription ou de recommandation, compte tenu de l’émergence de nouveaux réseaux sociaux dans leurs dimensions tout autant interactives que technologiques. La recherche sociologique a pris acte depuis plus d’une quarantaine d’années de la démultiplication des rapports à la culture et la montée de l’éclectisme en matière de passion et d’intérêt culturel. Le numérique est venu à la fois renforcer et problématiser ces phénomènes. La multiplication des contenus oblige en effet à des processus poussés d’éditorialisation, ce qui tend à accentuer plutôt qu’à éliminer les logiques et dispositifs de prescription (recommandation, découverte, évaluation et classement). Filtres et relais culturels se reconfigurent, posant de la sorte à nouveaux frais la question des rapports de force et des inégalités au sein du champ culturel. Qu’advient-il du jugement et de la critique au sein d’une culture marquée par la montée des « prosommateurs » et où se brouillent les frontières conventionnelles entre professionnels et amateurs? Qu’en est-il du rôle de prescription des groupes de pairs au sein des nouvelles communautés virtuelles? Qui sont et que font ces nouveaux tastemakers et gatekeepers de l’ère numérique : agrégateurs et sites de recommandation de toutes sortes? Comment favorisent-ils un accès différencié à l’information et aux contenus culturels? Les modes opératoires des nouveaux prescripteurs étant conditionnés par l’architecture des sites Internet (interface et algorithmes), dans quelle mesure ces nouvelles « lois » de programmation agissent-elles comme filtres?
Titre du colloque :