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Science ouverte et WEB 2.0

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Benjamin Grassineau : LABOMALI. Laboratoire de science ouverte et conviviale sur les échanges non marchands.

Résumé de la communication

Les techniques et les pratiques du web 2.0 ont-elles un impact sur la science professionnelle ? Conduisent-elles à l'essor d'une science plus ouverte et horizontale ? Cet article soumet ces questions à une analyse conceptuelle, empirique et historique. Il montre notamment que le courant de la science ouverte se scinde historiquement en deux courants. L'un, auquel on peut rattacher la pensée de Norbert Wiener, a conduit à l'émergence des techniques proprement dites du logiciel libre et du web 2.0 ; l'autre, auquel peuvent être rattachés les travaux d'Ivan Illich, a précédé l'essor des « idéologies » propres au web 2.0. Notre étude montre par ailleurs que ces techniques ont eu pour l'instant un impact très limité sur l'ouverture et l'horizontalité de la science professionnelle. Malgré leur essor, la science ouverte s'est peu développée. Nous en concluons qu'une approche en termes de déterminisme technique est inadaptée pour expliquer l'évolution récente de la science ouverte.

Résumé du colloque

La science ouverte (open science) recouvre au moins quatre grands aspects de la pratique scientifique : 1. l'accès libre pour tous les internautes à toutes les publications scientifiques arbitrées par les pairs (le libre accès), 2. le partage en ligne des données de recherche (la science en ligne), 3. la science collaborative (ou citoyenne) qui inclut des chercheurs non professionnels dans les projets de recherche et, 4. la science 2.0 qui regroupe les réseaux sociaux et blogs où s'expriment de plus en plus les chercheurs, y compris pour présenter et mettre en débat leurs hypothèses. L'existence même de ces nouvelles pratiques est une révolution par rapport aux pratiques conventionnelles de la science : articles publiés dans des revues payantes, données protégées ou secrètes, exclusion des non-pairs, confinement à la parole scientifique institutionnelle (dans les revues ou les livres). Selon les pays, les universités et les disciplines, cette révolution s'effectue à des vitesses différentes. Où en sont les chercheurs et les universités francophones?

Afin d'éclairer les chercheurs et les administrateurs universitaires sur les avantages et les conséquences des différentes pratiques de la science ouverte, ce colloque rassemble des spécialistes de différents pays qui feront un état des lieux et des débats sur trois de ces thèmes. Cet état des lieux permettra aussi de débattre de la façon dont ces pratiques devraient être considérées dans les programmes de recherche et de formation des universités québécoises et dans la future politique nationale de recherche et d'innovation du Québec. Une table ronde sur les dépôts institutionnels en accès libre rassemblera d'ailleurs des représentants de la plupart des universités québécoises.

Ce colloque sera aussi l'occasion de présenter une nouvelle revue, Sciences, éthique et sociétés, et de tenir l'assemblée générale annuelle de l'Association science et bien commun.

Contexte

section icon Thème du congrès 2013 (81e édition) :
Savoirs sans frontières
section icon Date : 7 mai 2013

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