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Fabien RICHERT : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les actes de la vie quotidienne au demeurant anodins sont à l'origine d'une production exponentielle de données numériques qui, au regard de la technologie moderne, ont acquis une mémoire quasi indestructible stockée sur des serveurs et des disques durs. L'important volume de ces données, qualifiées depuis quelques années par le terme «Big Data», est redoublé par une vitesse de production et de circulation accrue qui a favorisé l'émergence de nombreuses techniques statistiques pour capter, colliger et analyser ces données. L'individu contemporain est devenu un être entièrement calculable : en croisant ses données, les analystes peuvent recomposer l'intégralité de ses actes, communications, et déplacements. Ce double numérique de chacun évolue au sein de modèles de prédiction qui sembleraient particulièrement utiles pour asseoir des décisions marketing, opérationnelles, ou même à un tout autre niveau, policières. Nous proposons de revenir sur les principales techniques et technologies déployées pour extraire et analyser les données. Puis, nous montrerons comment ces différentes pratiques rendent possible un espionnage généralisé qui, à l'image d'une surveillance panoptique décrite par Foucault, invente de nouvelles formes de contrôle qui ne sont plus nécessairement imposées par un organe politique, mais qui s'articulent bien plus autour de nouvelles dimensions participatives, démocratiques et privatisées.
Ce colloque a pour but d’étudier l’apport des processus d’information et de surveillance dans la reproduction sociale par le biais de pratiques de médiations quotidienne d’ordre communicationnel et informationnel. Depuis la fin du 20e siècle, plusieurs chercheurs ont lié l’apparition de la société moderne à des problématiques de surveillance et de contrôle en tant que partie intégrante de la dynamique sociétale. Plus près de nous, l’essor contemporain des technologies numériques (Internet, médias sociaux, téléphonie cellulaire, géolocalisation, etc.) réinterrogent à leur tour, notamment, les notions de visibilité, d’accès, de vie privée et de circulation de données personnelles. En ce sens, dans le contexte des transformations sociales, politiques, économiques et culturelles contemporaines, plusieurs chercheurs (Lyon, Haggerty) estiment le phénomène suffisamment important pour mériter d’être abordé et étudié par le biais d’une discipline nouvelle, les Surveillance Studies.
À cet égard, les technologies de l’information, notamment les médias socionumériques, sont un lieu privilégié pour aborder cette question. Par exemple, le profilage marketing, la circulation de données personnelles, la géolocalisation, etc. font partie des sujets et des objets de recherche qui seront abordés dans ce colloque. Il est proposé également d’étudier comment les technologies de l’information, en tant que vecteurs de production, cueillette, circulation et consommation d’informations, s’inscrivent dans le déploiement des formes de surveillance au quotidien. Voici les thématiques qui seront notamment abordées dans le cadre du colloque : marchandisation de l’information et surveillance; banalisation de la surveillance au quotidien; surveillance et gouvernance; technologies mobiles et dispositifs de géolocalisation; Big Data et circulation des données personnelles; médias socionumériques et vie privée; technologies de l’information et vie quotidienne.
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Thème du colloque :