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Gilbert Cabana : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Il est bien établi que les proies benthiques habitant l'hypolimnion des lacs (par ex. les chironomes) constituent une source de nourriture importante dans les réseaux trophiques lacustres. La biomasse et la diversité de ces organismes sont influencées par la présence d'une zone hypoxique dans l'hypolimnion de certains lacs. A l'aide de traceurs naturels (les isotopes stables du carbone et du soufre), nous avons étudié comment l'hypoxie hypolimnétique observée dans douze lacs boréaux influence la contribution de ces proies au réseau trophique. Les consommateurs primaires benthiques de la zone profonde ont parfois des valeurs de d13C très négatives qui les distinguent des consommateurs primaires des zones littorales et pélagiques. De telles valeurs très appauvries en 13C pourraient être reliées au recyclage microbien du méthane produit dans les milieux réducteurs vers le réseau trophique. Par contre, des modèles de mélanges isotopiques « traditionnels » à deux sources et un seul traceur (d13C) ne peuvent résoudre de façon non-ambigüe ce problème à trois sources visant à évaluer l'importance de ces proies vers dans le réseau trophique entier. Nous illustrons ici comment un second traceur, le d34S peut servir à distinguer avec succès les sources de nourriture provenant du recyclage des détritus profonds de celles présentes dans les zones oxiques pélagiques et littorales.
La baisse d’oxygène en milieux aquatiques, qu’elle soit permanente, saisonnière ou épisodique, peut avoir des conséquences importantes sur les organismes qui y vivent. De plus, étant donné que la solubilité de l’oxygène diminue avec une augmentation de la température, l’impact des changements globaux suggère une diminution encore plus importante de la capacité de nos océans, nos mers et nos lacs à absorber l’oxygène indispensable à la vie aquatique. Les données historiques indiquent qu’il y a eu une baisse importante de la concentration en oxygène dissous au cours du dernier siècle dans les eaux profondes de l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Près du fond, les concentrations atteignent des valeurs hypoxiques, c'est-à-dire des valeurs en dessous d'un seuil jugé critique pour les animaux et leurs écosystèmes. Des experts en océanographie physique et en biogéochimie marine feront le portrait de la situation en présentant les causes possibles de la diminution d’oxygène ainsi que ce qui pourrait nous attendre pour le siècle prochain. Si les baisses d’oxygène limitent le support de la vie animale, elles ont également des effets sur la matière organique et les cycles biogéochimiques qui affecteront également la nature des sédiments et la faune benthique vivant sur ou en relation avec le fond. Des exemples issus d’autres systèmes côtiers et lacustres permettront d’éclairer les effets des baisses d’oxygène sur les réseaux trophiques. Un tour d’horizon sur les effets des baisses d’oxygène dissous sur deux des principales espèces exploitées commercialement dans l’estuaire et le golfe, la crevette nordique et le flétan du Groenland, ainsi que sur la possibilité de rétablissement d’espèces en péril comme le loup tacheté nous permettra de dresser un portrait plus global des effets directs de ce phénomène sur la faune aquatique. Ce colloque se veut un outil à la fois d’intégration des données récentes recueillies par diverses équipes québécoises mais aussi un outil de réflexion sur les besoins de recherche à venir et dont notre société aura besoin pour répondre aux défis posés par ces modifications environnementales d’importance.
Thème du colloque :