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Chantal Girard : Institut de la statistique du Québec
La population change, les besoin en statistiques aussi. Au moment de la création d'un organisme central de statistiques en 1913, le Québec comptait un peu plus de 2 millions d'habitants. Au cours des 100 années qui ont suivi, la population a été multipliée par quatre, à travers l'évolution de la fécondité, de la mortalité et des mouvements migratoires. Ainsi, le nombre de naissances a connu des hauts et des bas importants (le plus connu étant évidemment le baby-boom d'après-guerre), plus de 30 années d'espérance de vie ont été gagnées, la part de la population immigrante s'est accrue et les pays de provenance des nouveaux arrivants se sont diversifiés. Ces évolutions ont fait en sorte de transformer la structure par âge de la population du Québec, de même que sa composition ethnoculturelle.
En s'appuyant sur les différentes sources de données disponibles (Registre des événements démographiques, recensements, estimations démographiques, etc.) et sur des travaux publiés au tournant du millénaire (Duchesne, 1999; Piché et LeBourdais, 2003), cette communication vise à présenter les grandes lignes de la situation démographique québécoise de 1913 à nos jours, et à tracer une esquisse des années à venir. Des parallèles avec les besoins passés, présents et futurs en données démographiques seront faits.
L’évolution des sources et des technologies de stockage de l’information et la démocratisation des données entraînent depuis quelques années à travers le monde une augmentation exponentielle du volume de données utiles à la recherche et à la prise de décision. Le Québec n’échappe pas à ce mouvement qui concerne l’ensemble des disciplines scientifiques, incluant les sciences sociales et humaines. Ce « déluge de données », une expression de la revue The Economist, soulève de nombreux débats touchant plusieurs enjeux :
- Le développement des méthodes statistiques pour exploiter pleinement les données disponibles;
- La protection de la confidentialité des informations personnelles;
- La qualité des données provenant de nouvelles sources ou nouveaux modes de collecte;
- Le besoin de documenter les problématiques émergentes, à la frontière de plusieurs disciplines;
- La transformation des modes d’interaction entre les différents acteurs du monde de la recherche : producteurs de données, chercheurs et analystes de politiques.
Le colloque proposé (2 jours) abordera ces enjeux sous deux angles différents mais étroitement imbriqués. Dans une première journée, nous soulignerons l’année internationale de la statistique en discutant du rôle-clé du développement des méthodes statistiques dans l’analyse fondée sur les données (data-driven research), une pratique multisectorielle en émergence. Dans une deuxième journée, nous soulignerons les cent ans de production statistique publique au Québec en nous intéressant à l’évolution et aux défis que pose ce type de statistique produite par les organismes statistiques nationaux et les ministères et organismes gouvernementaux. Celle-ci constitue la principale source de données en sciences sociales et un élément-clé du processus de formulation et d’évaluation des politiques publiques.