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Membre a labase
Isabelle Depelteau : Acfas - Association francophone pour le savoir
La recherche que je
souhaite présenter au colloque porte sur la contribution des communications
mobiles textuelles (SMS et Twitter) dans une dynamique de crowdsourcing par les acteurs au sein des Nations Unies lors de la réponse humanitaire en Haïti.
L'hypothèse
énonce que malgré l'effervescence et la médiatisation des techniques, leur
contribution fut limitée par l'état des lieux, la dynamique de l'organisme de
la réponse, ainsi que par l'appropriation de la technique par les acteurs.
Les
résultats de cette étude de cas corroborent l'hypothèse, mettant en lumière
l'écart des usages et appropriation des techniques au sein du groupe des
participants en comparaison à la communauté locale, l'influence de la dynamique
du développement sur la coopération internationale en temps de réponse, ainsi
que le peu d'importance accordée à la communication par l'organisme de la
réponse en temps de crise. Les résultats indiquent également que le séisme en
Haïti constitue un événement historique marquant un changement de paradigme
quant au rôle de la technique et des communications dans la gestion de futurs
désastres par certains acteurs au sein de l'ONU.
Malgré
le fait que cette recherche ne traite pas directement l'impact des technologies
émergentes sur la représentation médiatique des conflits sur la scène
internationale, elle met néanmoins en lumière le potentiel et la limite de la
technique dans des zones affectées par la guerre ou par un désastre.
Le traitement médiatique de l’actualité internationale par les principales agences de presse (AFP, Associated Press, Reuters et Xinhua) et les grands médias internationaux (BBC, CNN, Fox News ou Al-Jazeera) fait souvent débat depuis plusieurs décennies aussi bien dans le milieu universitaire que dans l’opinion publique. La question du déséquilibre des flux d’informations et des manipulations médiatiques est un débat que l’on peut qualifier d’ancien (cf. Rapport Mac Bride) même si cette situation est encore d’actualité. La dernière décennie, à l’instar des précédentes, a vu les médias accorder une place importante à un certain nombre de conflits. Outre l’éternelle crise israélo-palestinienne, les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Afghanistan et en Irak, la situation en Colombie et plus récemment le printemps arabe ont occupé une place importante dans l’actualité internationale. La nouvelle politique interventionniste de certains États sous le couvert de l’ONU (Côte d’Ivoire, Libye, Syrie) a également été diversement interprétée. À l’ère des technologies émergentes, les grands médias traditionnels doivent faire face à la concurrence d’une nouvelle génération de journalistes-citoyens et des réseaux sociaux. Avec Internet et les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.), on observe une diversité importante des sources d’information.
Cette diversification des sources d’information a-t-elle un impact sur la qualité du traitement de l’actualité internationale ? Contribue-t-elle au rééquilibrage des flux d’information? Peut-elle influencer la perception qu’a l’opinion publique des peuples « autres » mis en scène par les médias? Comment les populations touchées par ces conflits interprètent-elles le traitement qui en est fait? Quelles sont les conséquences du traitement de l’actualité internationale par les grands médias internationaux sur les rapports interculturels? Quelles sont les nouvelles formes de manipulations médiatiques que l’on observe?