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Sandrine De Montgolfier : Aix-Marseille Université
En parallèle au courant éducatif de Sciences-Technologies-Société (STS) qui s'est développé dans les pays anglo-saxons, les curriculums prescrits des matières scientifiques amènent à confronter savoirs scientifiques et conséquences sociétales. Notre étude se circonscrit aux enseignements des savoirs biologiques dont les applications techniques et médicales posent de nombreuses questions éthiques (OGM, clonage, génétique, cellules souches, reproduction assistée, …). Nous interrogeons ainsi l'introduction dans les curriculums de ces questions bioéthiques en lien avec la prescription qui en est fait de former des citoyens responsables. En partant du constat que certains enseignants se sentent déstabilisés par ces prescriptions, nous interrogeons la modification du rapport au savoir de l'enseignant qu'elles entrainent : nécessité de mobiliser des savoirs multiples différents de leur spécialité d'origine.
Nous présentons les résultats d'une étude en cours visant à comparer l'introduction de cette question dans les différents curriculums touchant au vivant en France et au Québec tant dans le choix des termes employés, des savoirs à mobiliser, des propositions de mise en œuvre pédagogique. Nous confrontons ces résultats aux travaux de différents chercheurs sur les modalités pédagogiques et la posture de l'enseignant face à l'introduction dans la classe des questions scientifiques socialement vives et plus particulièrement celles touchant à la bioéthiques.
Ce colloque se veut une occasion de partager la problématique du rapport au savoir, selon une perspective microsociologique. Selon cette perspective, le rapport au savoir prend en compte le caractère social des savoirs et la socialisation à ces derniers (Akkari et Perrin, 2006). Elle a permis, notamment, d’élargir les questions dans le domaine des recherches portant sur les conceptions initiales des élèves qui considéraient jusqu’alors l’apprenant comme un sujet épistémique confronté aux nouveaux savoirs proposés par l’école, mais isolé du contexte social dans lequel s’inscrivent les savoirs, l’institution scolaire (et lui-même en tant qu’acteur social) (Maury et Caillot, 2003). L’intérêt est ainsi porté sur l’apprenant qui construit et donne sens aux savoirs à travers un ensemble d’interactions et sur l’appropriation des savoirs comme des productions situées temporellement et culturellement permettant de réaliser un projet ou d’atteindre un but (Désautels et Larochelle, 2003). L’apprentissage n’est alors pas considéré comme une activité désincarnée, mais plutôt comme une activité du sujet apprenant qui donne sens à ses apprentissages, via un ensemble d’interactions (avec des acteurs humains et non humains) et de parcours (Charlot, 1997; DeBlois et Larivière, 2012).
Notre perspective cherche à interroger le rapport au savoir du point de vue de l’apprenant et de celui de l’enseignant ou de l’enseignante. Ces derniers sont, en effet, porteurs d’une histoire scolaire particulière et construisent également certains rapports au(x) savoir(s). Notre but est d’examiner l’étude des pratiques pédagogiques à la lumière des perspectives épistémologiques dont elles sont redevables. Comment la problématique du rapport au(x) savoir(s) peut faciliter l’analyse du lien, d’une part, avec les perspectives épistémologiques des modèles d’enseignement et, d’autre part, avec les pratiques enseignantes?
La pertinence scientifique de ce colloque s'exprime selon une problématique à trois volets : 1) Dans le domaine de la recherche en enseignement, il est important de se pencher sur les perspectives épistémologiques qui inspirent différents modèles pédagogiques qui, à leur tour, induisent différents types de rapports aux savoirs. 2) Dans le cadre de la « professionnalisation de l'acte d'apprendre », l'analyse des pratiques pédagogiques sous l'angle de la problématique du rapport au(x) savoir(s) a montré sa pertinence (Charlot et al., 1992). Les réflexions sur les façons de prendre en charge en classe les questions de société associées aux différents domaines de savoirs ajoutent une pertinence sociale aux contributions de ce volet. 3) Dans une perspective centrée sur l'apprenant, l'identification d'éléments indicateurs permettant de comprendre le sens que les élèves donnent à leur apprentissage prend une place importante. Ce volet s'intéresse ainsi aux travaux qui se penchent sur le rapport au savoir des apprenants à travers les disciplines.
Thème du colloque :