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Louis Thivierge : Université Laval
En terminologie, la définition, d'une importance de premier plan, dépend du réseau conceptuel dans lequel s'inscrit le terme correspondant. La révolution dans la catégorisation des troubles de la personnalité (TP) qui marque le passage de la quatrième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) à la cinquième édition (changements proposés, entérinés en date du premier décembre 2012 par l'American Psychiatric Association) engendrera des changements importants dans la manière de conceptualiser les TP, qui auront un impact profond sur leurs définitions. En considérant la transition de la classification des TP – de catégoriel à hybride – comme un changement de paradigme tel qu'élaboré par Thomas S. Kuhn (1962), nous étudierons l'impact de cette dernière sur la structure conceptuelle inhérente à ces troubles mentaux spécifiques, de même que l'éventuelle incidence de ces changements sur leur définition correspondante.
Nous nous appuierons pour ce faire sur l'approche sociocognitive de Temmerman (1997, 2000) et, incidemment, sur la théorie du prototype élaborée par Rosch (1978) et étayée par Lakoff & Johnson (1980) et Lakoff (1987). Nos résultats permettront d'élaborer une réflexion sur la relation d'interdépendance entre la terminologie des TP et les aspects taxonomique, cognitif ainsi qu'épistémologique du mode de catégorisation relative à leur classification diagnostique.
Dès leur mise en circulation, mots et termes sont sujets à la variation. Celle-ci peut s’articuler dans le temps. « Les mots s’empruntent, s’oublient, se perdent, se renouvellent », écrit si bien Arsène Darmesteter en 1889 dans La vie des mots. La variation lexicale peut aussi s’articuler dans l’espace, ce qu’illustrent notamment les travaux de Claude Poirier sur le français québécois et d’André Thibault sur les français des Antilles. D’autres mouvements lexicaux, telles la terminologisation et la déterminologisation (mouvements décrits et nommés par Ingrid Meyer), sont moins connus. La terminologisation correspond au passage dans la langue générale d’unités lexicales spécialisées; la déterminologisation correspond au phénomène inverse, lorsque des unités lexicales connues de tous migrent vers le discours spécialisé. La description généralement adoptée du lexique en fonction de domaines de spécialité cloisonnés ne permet pas de décrire et de saisir adéquatement le passage des unités lexicales d’une sphère de connaissances à une autre. Si les linguistes qui oeuvrent en lexicologie s’intéressent depuis longtemps à la variation sous ses diverses formes, il en va autrement de ceux qui oeuvrent en terminologie. La variation terminologique est un phénomène qui n’est décrit que depuis la fin des années 1990, à la suite de travaux plus étroitement liés à la linguistique de corpus et à l’informatique. L’étude théorique de la variation, bien qu’intéressante, doit pouvoir déboucher sur des approches méthodologiques visant la prise en charge lexicographique et terminographique des divers types de variation dans les dictionnaires et les bases de données lexicales. Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, etc., contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.
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