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Michelle Daveluy : Université Laval
Daveluy et Bell explorent les tentatives de reproduction de la francophonie canadienne dans les contextes économiques émergents dans le nord de l'Alberta et les Territoires du Nord-Ouest. Elles étudient le décalage qui existe entre les tentatives institutionnelles (politiques et associatives) pour assurer cette reproduction et les motivations des francophones qui s'y trouvent à plus ou moins long terme. Elles discutent de cas localisés de relocalisation plus ou moins temporaire à Fort McMurray et Yellowknife. Elles décrivent les priorités des franco-albertain(e)s, acadien(ne)s, franco-ténoi(e)s et québécois(e)s dans le triangle du pétrole dans le nord de l'Alberta, et dans la capitale des Territoires du Nord-Ouest. Qui participe à l'institutionnalisation des espaces francophones du nord ouest canadien et qui, au contraire, s'abstient plus ou moins délibérément d'y prendre part? Le positionnement dans les contextes locaux mis en place par les franco-ténoi(e)s et les franco-albertain(e)s révèle des formules identitaires inattendues mais pourtant prévisibles. Elle démontrent comment les tensions entre les un(e) et les autres s'expliquent en partie selon le rapport aux municipalités en tant que lieux de passage pour plusieurs mais communautés pour bien d'autres. Les franco-mobiles se distinguent en effet parmi les francophones quant à leur rapport à l'espace. Ils et elles le parcourent quand les francophones y habitent.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).
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